mardi 27 juin 2017

2017.06.04 CN Province de Gansu


3 Juin 2017. Lanzhou, province de Gansu. Cette province est comme un corridor, étroit, dans lequel Lanzhou, la Capitale, se trouve dans une des parties les plus étranglées. De part et d'autre, des montagnes enneigées et des préludes de désert. Il y a de l'eau partout et les sols sont moyennement  perméables. Le peuplier blanc règne partout. Je suis accueillie par un froid inattendu pour moi et l'aéroport est à 70km de la ville de Lanzhou....
L'hôtel , réservé par internet, est un appartement, au 25 eme étage,plutôt très sale mais il est 23h lorsque j'arrive à destination et mon périple vers l'ouest ne démarre pas trop sous de bons auspices. Je fais le dos rond, il fera jour demain.
En effet, la nuit porte conseil. Je décide d'aller à Xiahé, sud, voir un monastère. J'oublie la pluie et l'altitude et c'est un fiasco. Il fait 6°et je suis en short. Pas trop adapté. Là, l'hôtellerie reçoit surtout des moines: il y a un énorme monastère bouddhiste qui donne lieu à des pèlerinages très importants de Chinois venant de partout. Je l'ai choisi car il ont un restaurant végétarien...et des toilettes collectives...à la Chinoise. Attention de ne pas tomber malencontreusement dans le trou d'aisance ou à ne pas laisser tomber le moindre objet! Pas question de douche bien sûr. Je partage le dortoir de 12 lits....avec Will, un anglais historien qui vient de terminer ses études à Oxford! Quel prestige! Nous sommes 2 étrangers en tout et pour tout. Quel soulagement! Sous la pluie, nous visitons le monastère et nous finissons imbibés jusqu'aux os! 
Rien de nouveau par rapport à ce que j'ai vu au Sishuan, dans les contreforts du Tibet. Après un bon diner, là pas d'erreur: superbe repas d'aubergines et piments divers et nous être un peu réchauffés, nous sommes ressortis et il apparaît que Will fait la même route que moi et dans le même temps. Nous risquons de nous retrouver en route. Pour ma part, demain je retourne à Lanzhou que je vais visiter un peu, elle est traversée par le Fleuve Jaune. Ici, nous ne sommes pas très loin de l'une de ses nombreuses sources.
Retour à Lanzhou après une excellente nuit mais sans se laver et avec un petit dej., certes végétarien mais loin de mes souhaits: deux litres de jus dans lequel baignent un oeuf poché battu en fils et des morceaux de tomate. J'aurais dû m'abstenir! 
Les paysages sont superbes tout le long de la route.
A Lanzhou, je suis retournée au même hôtel car les établissements que j'ai trouvés et ressemblant à des hotels ne sont pas ouverts aux étrangers...
Aujourd'hui, " l'hôtel" est plein. Des jeunes chinois, des garçons. Ils fument tant et plus. Plusieurs sont des sportifs, ils reviennent du Tibet, en vélo! En 
passant par le Sishuan.., et ils sont sympas. Ça fait aussi passer la pilule de la saleté et du dortoir mixte et de la fume et du bruit. Il pleut ici aussi...
Je vais donc me promener le long du Fleuve Jaune et des ouvrages alentour sous la pluie, mais là, je suis équipée. Et je n'ai pas de problème si je suis bien équipée.
Parmi les garçons, un jeune de Hong Kong, Wesley. Apparemment il découvre ce type d'hotel. Il a 22 ans, premier voyage seul et hors de HK. Il est surpris de tout, entassement, propreté et il me demande si ça c'est une auberge de jeunesse...ça n'en est pas vraiment une! Il va aussi au Xinjiang. Et nous allons faire un bout de route ensemble. Il parle mandarin en plus du cantonnais et de l'anglais.

5 Juin 2017. Wesley a réservé une nuit à Zhangye. Le coin est superbe et nous faisons route ensemble, "bullet train". En 3 heures nous sommes rendus.  Il pleut toujours et il fait froid. Nous allons faire un tour en ville, mêmes portes de tambour, de l'horloge, comme partout: neuves et déjà vieilles, c'est pratique. 
L'auberge de jeunesse est super, une jeune fille de Chengdu y travaille en tant que volontaire et elle est très aidante. Géoparc de Danxia. Magnifique. Neuf et déjà dégradé avant d'être fini. Je ne me lasse pas de dire que le travail est bâclé pour tout, vite et mal fait, on dirait que c'est le mot d'ordre en Chine. Mais ça paraît beau! Paraître c'est le mot de passe!
Néanmoins j'ai beaucoup aimé les paysages. Sur 50 km2!

7 Juin. En route pour Dunhuang et là ce n'est pas le bullet train...la récompense, ce sont les paysages: un couloir désertique encadré de hautes montagnes enneigées! 7h de train, confortables. Wesley est toujours là mais ça ne va pas durer: il mange comme un petit goret, avec force bruits; il a peur de son ombre, il ne comprend pas les locaux non plus. 
J'ai programmé plusieurs visites ici, vaste oasis au milieu du Gobi, habitée bien avant les Hans et poste militaire très avancé des Hans dès 100 avant JC...De plus, il y a des formes de relief superbes tout autour.
Un très bon arrêt. Peu de touristes cependant. Je suis dans de vraies auberges de jeunesse, confortables, propres, accueillantes, amicales. Ca aide à se sentir confortable. Il y a des voyageurs, surtout individuels et peu; ça donne lieu à des contacts riches. Probablement seront ils plus nombreux les 2 prochains mois. J'ai aussi déniché un resto qui me traite bien à proximité de l'auberge, ce qui contribue aussi à mon bien être. 
Les étals des marchands sont pleins de fruits secs: jujubes, raisins, abricots, melon d'eau frais et des yaourts. Je ne sais pas d'où ils arrivent mais pour sûr ils arrivent par les autoroutes.., et il y en a en plein désert, comme des TGV ( bullet). C'est impressionnant!

11 juin Jiayuguan. 5h de train sur siège dur....cette zone est riche ..en énergies naturelles comme vent et soleil. L'objectif chinois est de forcer ces productions et celle de fourniture de capteurs solaires. Leur production dépasse largement la conso. nationale et les Chinois inondent le marché mondial.... Nous sommes ici au coeur de leur production, en plein désert mais avec des villes oasis récentes de 200 000 hts et plus! Altitude moyenne de la "steppe" : 1500m. Avantage: modération des températures.
Sur place, assez peu de choses originales: constructions en pisé qui faute de soins ont depuis longtemps rendu l'âme et sont refaites à neuf. Ça permet de se faire une idée et de drainer les touristes Chinois. 
Une forteresse a été reconstituée avec des tronçons de Grande Muraille. Pour ma part, je n'ai pas été séduite, je suis plutôt agacée par les photos et postures qui durent trois heures des Chinois et Chinoises, sans fin. Les bâtiments sont là pour attester qu'ils se sont bien rendus sur place....c'est un peu pénible. 
En revanche il y avait de bonnes explications historiques,  c'est le plus important. Et le cadre aussi. Je suis allée voir un canyon taillé dans le loess, durant une période beaucoup plus humide. Superbes vues grâce au franchissement du canyon sur un pont de singe...Attention le vertige!
Je perçois auprès de la population quelques changements: des calottes blanches pour les hommes, des femmes à foulards. Les gens sirotent leur breuvage dans la rue, en terrasse et dînent dehors aussi: des brochettes partout...de viande surtout.

J'ai passé seulement une nuit ici, car il y a peu à voir. C'est mon dernier arrêt au Gansu. Demain, j'entre au Xinjiang.

samedi 3 juin 2017

2017.06.03 CN Shaansi et Pekin

2017.05.17 En direction de Pingyao, Shanxi.  La nuit est tombée lorsque le train arrive à Pingyao, le train est lent et nous nous arrêtons à presque toutes les gares. Pour passer le temps, je vais dans la voiture restaurant: elle est vide, à l'exception d'une bonne dizaine d'agents des Chemins de fer Chinois. Vu la classe du wagon, les tables mises et décorées donnaient à penser que les repas y étaient savoureux. Illusion: même petit charriot qu'en Russie avec des la viande séchée etc... donc je suis revenue à ma place a travers ballots, valises et autres. En chemin, j'ai fait la connaissance des WC: à la turque. Il vaut mieux ne pas trop en avoir besoin.
Un taxi me dépose à l'entrée de la ville, la circulation automobile y est interdite. Le prix convenu ne prévoyait pas ça. J'ai donc fait une rupture de charge et engagé l'une des voiturettes électriques. J'ai trouvé tout à coup que les petits événements de cet ordre se multiplient. 
À l'hotel, l'anglais est hésitant, mais je trouve ma place et sors pour aller dîner. Il est près de 21h. La ville est ceinte de ramparts (6
km). Et je suis dans l'enceinte. Ce serait un peu comme Carcassonne. C'est habité par des gens qui ont les magasins, et c'est gavé, et des hôtels, le long des axes principaux, derrière, la rénovation va bon train . C'est très propre partout, les maisons sont pour la plus part de plus de 2 siècles, le nombre de cours dans l'enceinte de la maison varie avec l'aisance de son propriétaire.. 
La ville de Pingyao ville a abrité les premieres banques chinoises, il s'en suit que cette place concentrait une élite de personnes sachantes et compétente que l'on venait consulter pour payer, acheter, emprunter etc...Beaucoup des édifices sont transformés en musées organisés autour de petites cours Ui ont beaucoup de charme, mais il faut toujours regarder le sol car les marches sont nombreuses, ou soubassement de porte à enjamber sont là pour nous le rappeler.....suivez les points...
J'ai passé une journée superbe, juste à me balader; pas beaucoup de touristes étrangers, mais beaucoup de Chinois, en groupe ou en famille aussi, qui n'hésitent pas à interpeller bruyamment. 
Il faut très bon tard le soir, j'ai pu diner dehors et rentrer à l'hôtel

18 mai: objectif Lijiashan, village troglodyte le long du Fleuve Jaune. La destination n'est pas très commode à atteindre il faut que je me donne du mou. A la gare routière où je suis de bonne heure un billet m'est vendu et j'ai un chaperon qui supervise mes allées et venues. A l'heure dite je suis informée que c'est le moment. Arrivée à Lishi, personne ne parle anglais et les choses se compliquent un peu. Je finis par trouver un gars qui me transporte je ne sais où pour une somme astronomique. Ce n'est que de l'argent! Et il me conduit 500 m plus loin à la "gare des microbus " ....qui partent pour ma destination.

La route que nous prenons est splendide. Très beaux paysages de terrasses dans le loess.
Le voyage de Lishi à Qikou dure environ 2h. La route est en mauvais état, utilisée par les camions de charbon et aussi à cause de glissements de terrain. 
Entre la pluie, rare de nos jours, (c'est une des régions les plus sèches de Chine),  le vent, les travaux, l'agriculture et bien d'autres, tout est prêt pour des éboulements. Certes les consequences humaines peuvent être lourdes, mais ça donne des paysages fantastiques! Arrivée là, je suis allée par paresse au plus près des hotels, ancienne maison de marchands le long du Fleuve Jaune. Les vues sont très belles. 
Qikou est un petit village, qui a eu ses heures de gloire dans le passé. Il en reste quelques vestiges.  Les autorités le montent en épingle et commencent des infrastructures de taille pour développer le tourisme en autre.le soir j'ai dîné sous les étoiles avec des legumes barbecués: délicieux! Tranches d'aubergine, champignons, oignons nouveaux, piments longs, et des graines de soja cuites à la vapeur. Un régal.
A côté se trouve un autre village de Lijiashan qui, lui, est adossé à la falaise de loess- argile-grès. Habitat troglodyte. Organisé comme notre St Emilion girondin. En fond de canyon, en fer à cheval, les maisons ont des façades de grés, avec des ouvertures en hauteur, pour faire des courants d'air..? Derrière c'est la falaise, creusée et aménagée. Les locaux ont leur idiome propre, ils ne parlent pas Chinois, et mon Google translate ne connait pas leur language. Je suis arrivée tout de même à louer les services d'un taxi!  Beaucoup de ces villages tombent en ruine, mais quand la décision est prise de remettre en valeur, tout va dans la même direction: du faux ancien, mais ça donne une idée de ces communautés. Le site est remarquable. 

19 May. Taiyuan. La capitale de province. 5000000hts. Ville très ancienne qui a eu un lifting pratiquement complet. Certes, il reste de la démolition en cours et de futurs chantiers, mais ici aussi, la passé à terre. Et j'ai pu voir les prochains à démolir, ce sont d'horribles appartements. Un peu le même style que les soviétiques: utilitaires. Les routes urbaines sont des 2 x 5 files! Des bâtiments neufs et d'autres qui arrivent. Le centre est refait autour de quelques temples et édifices anciens qu'ils ont sauvegardés.
Je suis dans une guesthouse bien sympa finalement, mais ils ne parlent pas anglais. Ça n'arrange pas mes affaires. Je ne tire pas beaucoup de profit de la ville: il faut marcher beaucoup pour peu de choses. La voiture y est reine, le stationnement chaotique. Le musée de Taiyuan qui est parait il une merveille en Chine, je l'ai raté. Il n'y a pas de métro, il faut prendre des bus et j'ai dû me tromper.  De là j'ai cherché sans grande conviction, ce qu'il y avait de spécial à voir. J'ai trouvé des Pagodes Jumelles et un Temple de Confucius puis j'ai regagné l'hôtel en taxi. Facile. 

2017.05.21 Datong. Super hostel, grand luxe. Je suis la seule cliente et je profite de la gentillesse de Tina et son chien chinois Obama! La ville de Daton est une caricature de la" restauration " urbaine Chinoise: on démolit ce qui gêne et on refait à neuf, vite fait mal fait. L'avantage c'est que ça paraît très vieux très vite....donc des immeuble d'une trentaine d'années sont démolis, les habitants "relocalisés" et en avant la musique. C'est assez triste. En dehors de ça, il fait beau, je me promène et j'observe. C'est édifiant et désormais, j'ai compris, j'en ai vu assez, pas la peine de continuer. J'ai fait le tour des cités anciennes....Les grottes fameuses de Datong, des bouddhas par milliers, sculptés dans le grès, ne m'ont pas trop convaincue. Mais il faisait bon et il n'y avait pas trop de monde. Petra en Jordanie ou Persépolis en Iran sont loin devant en terme de beauté. Mais maintenant je sais que Bouddha a inspiré ses admirateurs.

25.05 Mongolie intérieure. Hohhot. Je suis là pour demander l'extension de mon visa. Après de longs et pénibles A/R entre divers postes de Police,mon dossier est complet et je peux revenir sous 8 jours. La ville n'a pas grand intérêt, c'est une région industrielle à base de charbon et industrie métallurgique. Les racines mongoles sont loin déjà, la population est plutôt chinoise et ils connaissent aussi les punaises de lit . Ces dernières ne se sont pas privées de goûter mon sang....Je rentre à Beijing, je vais expédier les "affaires courantes" , prendre congé de mon contact à Beijing, revenir prendre mon passeport à Hohhot le 2 juin et filer à l'Ouest.

28.05 Beijing. Tina, copropriétaire de plusieurs hôtels avec des amis à Beijing, Datong et Pingyao m'a trouvé une place pour voyager Datong-Beijing  en van plutôt qu'en bus. Nous ne sommes que 6 passagers, et 4:30 au lieu de 7h pour le trajet sur autoroute. La contre partie: l'expérience en live de la conduite chinoise! Ils ne connaissent pas la ligne droite. Ils sont toujours à chercher un bon compromis pour doubler: droite ou gauche cela n'a pas d'importance! C'est vrai en ville, ils changent de file sans cesse, c'est vrai sur route. Ils roulent de préférence sur la file de gauche et doublent à droite.
Les paysages sont des plaines de loess ponctuées de quelques peupliers, il y a de l'eau dans le sous sol. De part et d'autre, au loin,de hautes collines et parfois des pans de Grande Muraille.
Il y a une manifestation de je ne sais quoi à Beijing et ce sont les vacances Chinoises, durant 3 jours. Les hotels sont pleins et j'ai du mal à trouver de quoi dormir...j'ai dû prendre ce qui est disponible. La clientèle est surtout Chinoise, bruyante dès 6 h du matin, voire avant...
Au programme, Musée National que je n'ai pas visité lors de ma précédente visite et promenades dans Pékin sud.
Le programme doit être flexible: les queues pour la sécurité autour de la place Tien Anmen sont telles en longueur et en densité que j'ai laissé tomber car en plus il fait 38°C . Après la sécurité il faut ensuite passer 2 autres étapes: les rayons et la fouille dans le Musée, très peu pour moi.
Finalement, j'ai visité le musée de l'architecture Chinoise ancienne: très peu de commentaires en anglais, donc visite rapide et repos dans le parc où j'ai fait la sieste sur un banc car la chaleur était telle que je ne tenais pas debout. En fin d'après midi, je suis retournée à l'hôtel, en marchant; au total quelques 15 km quand même. J'ai trouvé un restaurant répondant à mes besoins et j'y ai élu domicile tous les soirs où je suis restée dans le quartier, lequel est très animé toute la journée et le soir, surtout des touristes chinois.
Le temple du ciel m'a révélé quelques uns de ses secrets: près de 300 ha à découvrir avec 12 degrés de moins! Ça fait du bien.
XiaoLin doit venir me chercher demain matin et je passerai le reste de mes jours à Pékin chez elle. Il y a de quoi faire: ouvrir les paquets laissés là il y a 5 mois, ouvrir ceux que j'y ai envoyé, faire les arbitrages nécessaires et dispatcher en fonction des attributions. Faire les paquets et aller à la poste. Une demi journée! 
Puis nous avons visité le Palais des arts de la scène: opéras, concerts, ballets et plus. Superbe énorme bâtiment, décoré de marbres et granites tous plus beaux les uns que les autres.
1er Juin: je tairai les péripéties liées à l'obtention du visa. Je dirai seulement que ce fut une très mauvaise expérience. Elle participe à ma décision de ne pas revenir dans le coin.

Maintenant que j'ai cette extension, je vais vers l'ouest et sortirai du pays le 4 juillet au plus tard en direction du Kirghizstan ou Kazakstan.

lundi 15 mai 2017

2017.05.05 Deuxième visa en Chine provinces Hubei, Chongqing et Shaanxi

5 mai entrée en Chine. Vol Hanoï/ Yichang, province de Hubei
C'est là que se trouve le principal barrage des 3 Gorges...à quelques 40 km en amont. On peut aussi remonter le Yang Tsé depuis Yichang, 4nuits  5 jours, mais la premiere nuit élimine d'office le barrage et on passe les écluses ( 5) de nuit. Les deux gorges en suivant se passent de nuit aussi. Dommage. J'ai donc opté pour le barrage, de jour, aller en bus et retour en bateau au travers des gorges.  C'est impressionnant....Si le barrage craque, supposé résister à un séisme de 7/ Richter..., dans les 30 mn qui suivent,  la ville de Yichang, à 40 km disparait sous les eaux, sans avoir rien demandé!
Difficile de me faire une opinion. Il y a plusieurs barrages sur les émissaires du Yang Tsé, autour, dans des défilés saisissants. Des travaux pharaoniques. Toute la longueur et la hauteur des écluses est taillée dans le rocher ( grès ou calcaires durs) ...Avant l'intervention, la vallée du Yang tsé était encore plus profonde d'au moins 150 m. L'eau atteint 175 de haut au barrage au pic saisonnier...Le temps était assez maussade mais j'ai bien aimé cette journée. Toute en chinois, même de la part de la guide qui ne connaissait pas un mot d'anglais...

 7 May: 
 En train de Yichang à  ChongqIng. Pas loin du 1/3 du voyage, long, se fait par des tunnels, sur 600km, ça fait pas mal...sur le plan des vues, c'est autre chose..!autre chose de notable: mon billet ne montrait pas que je serais debout durant 6 h.....cerise sur le gateau! Comme le vol suivant Chongqing à  Xi'an: vol low cost, il y avait un siege mais pas de buffet, payant ou gratuit! Comme les connections internet sont mauvaises et que je ne me souviens pas de quel serveur je me "servais" pour me connecter en wifi, l'hotel avait fait le booking pour moi par son téléphone et j'ai simplement payé....Que de choses à apprendre, encore et toujours... sur le métier,  remettre l'ouvrage! Ici nous pouvons payer tout par téléphone...  je n'y suis pas encore car il faut utiliser we chat et je ne suis pas au point....
Bref, des attentes non satisfaites, mais ça va quand même.
Arrivée à Chongqing, la ville est en ébullition; le site est superbe: le Yang Tsé s'est taillé une place dans le rocher et fait un coude de 30°. La ville s'est installée là, il y a des siècles et des siècles. Les coolies de Chongqing se sont taillé une réputation du diable: ce sont eux qui transbordaient l'eau dans des bacquets avec des dénivelés de p,us de 100m...!
Tout ceci à disparu, ou est en cours de disparition: j'étais en centre ville, ma fenêtre donnait sur le dernier chantier de démolition en cours, des immeubles des années 40/50 voire plus pour certains au bord de l'eau. Impressionnant! Les bords de fleuve sont inaccessibles: on ne compte pas les niveaux des routes, autoroutes, voies de chemin de fer, de tramway les uns au dessus des autres...un genre de Hong Kong, sur le rocher...très très stressant. Pour pallier tant de stress, j'ai filé à la campagne..
Ma destination ne partait pas de l'endroit recommandé. J'ai chandé de destination, à la campagne toujours, mais plus facile d'accès: Songji. Je n'ai pas regretté! Trajet un peu p,us long en bus, des arrêts locaux tout le long du parcours et zu bout, me voilà le long du Yang Tsé encore! Super! J'ai trouvé de quoi me loger grâce à des jeunes filles en goguette qui m'ont aidée. Mon bagage était hyper léger, ce qui rend beaucoup de services....
J'ai pu flâner dans ce village, habité, situé à côté d'un noyau urbain beaucoup plus récent, sans intérêt, mais qui loge les ouvriers de diverses activités industrielles: charbon transporté sur le Yang Tsé, navigable jusqu'à Shanghai..  usines thermiques et autres. Très bon moment. Je pense que les touristes n'arrivent pas jusque là: j'étais l'attraction du jour. J'ai fait du Tai shi avec les groupes féminins locaux, bu une bière dans la rue où chacun s'arrêtait pour commenter ou questionner, j'ai pris quelques photos. Les gens étaient absolument ravis et fort aimables. Il y a encore quelques trésors comme ça, mais c'était bien aménagé, assainissement, eau courante, compteurs d'électricité. Des maisons simples: atelier en bord de rue, on magasin ou la piece principale, ouverte largement ou seulement une petite porte où un vieillard prend le soleil ou observe la ruelle..
J'avais un vol pour Xi'an, de nuit, plutôt que le train, lent de 10h, pour 1100 km quand même... Je suis arrivée à Xi'an, de nuit, avec un pick up à l'aéroport par un taxi. Beaucoup plus facile pour moi.

10 May. Xi'an.
C'est une belle histoire pour moi.  Enfin, je retrouve des liens! Des liens avec l'Asie Centrale, la route de la soie et plus.
Arrivée très tard, je me suis glissée comme une voleuse dans mon lit. J'étais supposée être dans un dortoir feminin, j'ai eu une chambre individuelle, pour le même prix, deux nuits de rang. Parfait. J'ai donc pu m'organiser tranquillement et j'ai pris mon temps: il fait très chaud, 33° et plus, baisse légère la nuit....
La ville est clôturée dans une enceinte, 4 portes pour 4 points cardinaux, 14 km de remparts, environ 12 à 15 d'épaisseur et même hauteur. On peut faire le tour de la ville en vélo sur les remparts, je ne m'en suis pas privée, sauf que les vélos avaient l'air de tout terrain mais avec de petites roues...ça change tout! 1h20 pour en faire le tour au coucher du soleil!
Il y a de quoi satisfaire beaucoup de curiosité à Xi'an et c'est vrai aussi que ça  sent un peu l'Asie Centrale: certains sourires en or des Kasaks ou Ouzbeks, des musulmans, la plus ancienne mosquée de Chine. Un peu plus loin, des temples boudhistes, les premiers en Chine. Celà témoigne d'une grande ouverture religieuse aux 7 et 8 ° s. Mais la ville est beaucoup plus ancienne: 600 ans avant JC et des mausolées "pharaoniques" dont l'armée de soldats en terre cuite, ensevelie. Cette destination mérite sûrement beaucoup plus d'attention; tout n'a toujours pas été mis à jour; le sol est une épaisseur de loess sur plusieurs mètres sur lequel l'agriculture a pris sa place dans un espace qui dépasse largement la province proprement dite!!! Mais, je ne me sens pas capable de faire plus et sous cette chaleur! Les sites sont énormes et ça laisse rêveur. Beaucoup des vestiges ont trait aux rites funéraires des personnages très importants, le but étant de donner à leur disparition l'image d'une vie aussi riche voire plus riche que la vraie...
J'ai vraiment apprécié beaucoup, complètement nouveau pour moi. Peut être y a-t-il des liens avec les rites Egyptiens? Je l'ignore et je découvre.
Le quartier musulman autour de la mosquée est une expérience aussi. Du plaisir pour les yeux, pour le nez, les oreilles.
Après avoir arpenté 3 bonnes journées, la fatigue pointe car la chaleur est difficile à conjuguer avec la marche...

14 May: Hancheng. Ville ancienne, entourée de remparts aussi. Pas de touristes étrangers, des Chinois uniquement. Beaucoup a été restauré en ménageant des espaces creux pour en faire des atriums; c'est très plaisant. Certes la ville ancienne reçoit des visiteurs, mais elle est habitée et est doublée de la ville moderne sur le plateau de loess en hauteur, a 3:5km. Je demandais ma route pour m'y rendre, à l'hôtel. L'hôtesse m'a fait conduire à son fils ou je ne sais qui, et me voilà partie avec 4 jeunes garçons qui m'ont déposée devant les murs de la vieille ville! 
Il y avait des "hutongs". comme à Pékin, briquettes peintes en gris sombre et toitures de terre cuite de la même couleur sombre, seul le rouge donne quelque chaleur...
C'est charmant et j'ai flâné tout l'après midi ; rentrée en bus, au pif et ça a marché!
Pour arriver jusqu'à Hancheng, depuis Xi'an, on graverse " une plaine" de loess. Epaisseur: probablement plus de 100m, de couleur pâle jaune/ rose qui donne son nom au "Fleuve Jaune". Ca n'est pas si plat, il y a des canyons creusés par des affluents, et des champs cultivés bien sûr, du blé, des arbres fruitiers ( peut être des noyers) il y a de grosses noix partout sur les marchés! Et aussi des plantations d'arbres. Des eucalyptus, des peupliers et autres non identifiés, mais d'une dizaine d'années seulement. Apparemment des programmes de reforestation à grande échelle pour éviter l'érosion et barrer le passage des vents de sabl ou en limiter les effets.
Par ailleurs, c'est dans ce loess qu'ont été ensevelis tous ces sites mortuaires dont le Shaanxi est riche. Le long de l'autoroute, on voyait par ci par là des tours du genre de celles vues au musée de Xi'an ou des tumuli. Ces 3:30h de route sont rapidement passées, j'ai été déposée au péage de l'autoroute, à moi de me débrouiller ensuite.... Finalement j'ai hélé un taxi qui m'a déposée à proximité de la gare ferroviaire et routière. Il y a toujours des hôtels dans ces coins et je me trouve proche d'un moyen de transport pour la suite...
L'hôtel parait super, porte automatique tournante...comme on n'en fait plus depuis longtemps et le hall ressemble à un hall d'hôtel soviétique des années 60/70.  Voilà pour le décor. Le reste est assorti, des couloirs interminables, moquetés d'époque à poils hauts qui ne se sont pas relevés depuis longtemps....Mais j'ai déjà payé la nuit et les recherches rapides que je fais ne sont pas brillantes car les hôtels ne sont pas ouverts aux étrangers...
Je resterai là, la nuit est rafraîchissante j'apprécie bien un peu de répit et le personnel n'est pas efficace mais très sympa et aidant.

15 May: Village de Dangjia. Pas trop loin. Les filles de l'hôtel, après avoir organisé, avec des dessins, mon petit dej., ont aussi organisé mon transfer à Dongjia, pour la journée, en taxi. J'ai pu voir où c'était et prévoir le retour....Le premier coup d'oeil, avant d'être dans le village laisse penser au pire: un voie de 2x3 voies si ce n'est 4....  des plantations récentes alignées, des enrobés tout neufs, et qui se terminent devant des guichets pour payer l'entrée, sous une porte de village du XIV°s. ! A partir de là, c'est la découverte. Je prends un petit chemin de pierres, à droite: devant moi se tapit le village de Dangjia, à 100m plus bas; on ne voit que les toitures, sombres, imbriquées. Je continue, il a plu et le sol est "lourd". Les travaux de mise en forme sont en cours pour tenir la falaise: plantations, escaliers, zones de détente, etcet je finis sur des culs de sacs qui m'obligent à tout remonter.
La vue est superbe mais il y a un genre d'usine qui est accolée au village et il faut faire un peu de gymnastique pour en éviter mes contours sur les photos...et en remontant sont mises à nu des habitations troglodytes, quelques unes.
Ensuite, le village a beaucoup de charme mais il est vide à 75%, beaucoup de maisons fermées, les autres sont des musées d'art décoratifs tous aussi intéressants les uns que les autres; ce sont des constructions spécifiques: collecte des impôts, répartition des recettes, temples des ancêtres et plus. Le village était dominé ou habité majoritairement par la communauté ou famille Dang. Ils travaillaient en commun à la terre, commerce, artisanat et partageaient les profits et ce jusqu'à la première république chinoise....
puis le village a décliné pour devenir aujourd'hui une ville musée et je pense que nous ne sommes pas encore au stade final: la prétendue usine électrique que je voyais est un chantier de salle polyvalente pour des manifestations de tout genre incluant de l'opéra, des shows et pourquoi pas des corridas....le tout en structure métallique.
Toutes les maisons, du moins celles accessibles, présentaient les mêmes caractéristiques: sculpté dans le bois, un fronton pour la porte d'entrée, le nom de la famille et plus parfois, des cours rectangulaires flanquées de petits bâtiments latéraux, au fond le bâtiment principal, lui faisant face, un bâtiment peu profond laissant une entrée latérale plus ou moins ouvragés avec un petit autel incorporé dans un des murs. C'était un moment exquis, personne, sol en dalles de pierres disjointes, laissant passer un charriot étroit guère mieux, mais  avec l'assainissement, eau potable, électricité. Tout under control pour touristes futurs. Lorsqu'il s'est mis à pleuvoir, j'ai pensé que mon retour en ville serait compliqué car j'étais la seule curieuse avec un un imper en plastique chinois, qui sert une fois seulement....
Finalement, après la pluie...tout est redevenu brillant et j'ai même trouvé un Néerlandais pour faire la route de retour à pieds. Un fondu de Chine qui y est pour la 8 ieme fois depuis 2000! Fort documenté et intéressant.
Très bonne ballade encadrée par 2 gros orages l'un durant la nuit et le second en ce moment. J'en profite pour me mettre à jour si possible.



mardi 2 mai 2017

2017.04.18 VN Baie d'Halong et Nord

2017.04.15 Vietnam du nord
Retour à Hanoï pour fournir un dossier complet pour visa Chinois. Un vrai casse tête pour comprendre ce qui doit être fourni et qui ne figure pas sur la liste des pièces à remettre d'une part et pour ne pas être symboliquement "mordue" par les dogues faisant office de pre-consuls.
Après avoir essuyé la première rafale d'aboiements, demandé la traduction par un officiel à côté, j'ai pu partiellement répondre aux attentes car il m'a été demandé de donner un appel téléphonique sans savoir pour quoi demander....
Le 18, je suis partie sur Haiphong, golfe du Tonkin avec l'espoir de passer à travers les mailles du flot de touristes qui visite la baie d'Halong. Quelques brèves enquêtes auprès d'agences de voyage à Hanoï et sur internet il apparaît qu'il est difficile de faire la part des choses. D'abord la croisière en bateau à voile n'existe pas, les voiles sont de la déco., il s'agit de bateaux à moteur. Il y a au minimum 14 cabines à bord voire plus, les 2 jours de bateau sont au plus 24 h . Petites précisions. 
Finalement je décide de ne pas faire "de croisière à voile" et d'aller à Cat Ba, au large d'Haiphong, longue journée depuis Hanoï avec du bus, du ferry, du bus à nouveau avant d'arriver au sud de l'île de nuit, dans un environnement qui ressemble à des casinos plus qu'à un port de pêche,  des néons partout...La nuit porte conseil sur la suite, je fais un tour pour voir l'offre locale pour les jours qui suivent. Il y a pas mal de Russes, des Chinois et des Vietnamiens plus des occidentaux. Et un front de mer tapissé d'hôtels appuyés sur la paroi rocheuse. L'urbanisation est pour le moins sauvage, en hauteur, et alignée sur les axes routiers ou à peu prés...
Bonne nuit de repos, et me voilà décidée à donner ma communication téléphonique à Hanoï: le numéro, à l'ambassade, ne correspond en rien au manager de la personne vue au guichet, celle ci me renvoie sur un tuyau percé. La boucle est bouclée. Il me reste à revenir le plus tôt à Hanoï, mais je ne peux plus rien faire ici, c'est clair. Je vais donc faire du bateau! Une journée entière de farniente à bord avec un repas, un pont pour s'étendre dans des rocking chairs pendant que d'autres vont dans de grottes en kayak ou font de la plongée et visiter des îles, la baie de Lan Ha, Ha Long, etc. 
Le temps était super.La veille j'avais fait le tour de l'ïle en moto, et lu tranquillement au port, au milieu de pêcheurs qui réparaient leurs filets. Il y a pas mal de fermes aquatiques, les alevins sauvages sont engraissés jusqu'à maturité et c'est une grande activité ici. Des mérous énormes, 50 kg de toutes des couleurs de toutes les tailles...Les restaurants viennent chercher leur poisson ici, vif.
21 avril: je retourne sur terre ferme par une autre voie, en bateau vers Halong et de Halong à Quan Lan. Un long banc de sable, assez désolé, habité et sans touriste. Quel bonheur! Il fait face au golfe du Tonkin et pour y arriver il faut passer devant la ville d'Halong et traverser la baie du même nom.
J'y trouve une petite pension toute propre et une moto pour le lendemain. Un couple de Français m'accompagne pour la journée. Du Périgord, et madame est une Philippine. Ils passent 6 mois en France, 6 mois aux Philippines...bon plan et ils son curieux de tout et bon enfant. 
23.04 De retour à Hanoï, je vais à l'ambassade de Chine et trouve un visa pour 1 mois prêt à l'emploi? Je ne cherche pas à comprendre mais cherche plutôt comment faire coller mes vols vers et hors avec ce visa, quel itinéraire. Par très simple et finalement, au lieu de me prendre la tête, je considère que ces vols sont perdus et que je vais devoir repartir à zéro. Un vrai soulagement!
26.04 en route vers l'ouest et nord: je fais une boucle en bus avec des stops pour la nuit dans des coins improbables. Les paysages sont superbes: du café, du thé, des rizières aussi. Et il ne fait pas froid, mais je me suis enrhumée en moto...c'est ainsi que j'arrive à Son La, Dien Bien Phu, où il n'y a rien sauf une gare de bus qui draine les locaux à travers les villages alentour, très active. Je m'y suis arrêtée comme recommandé et j'ai cherché  quelques traces historiques: un pont en bois, cimetière, mémorial. Le musée non, déjà vu. Lorsqu'on voit l'endroit et que l'on pense à la célébrité acquise par la victoire des vietnamiens anticolonialistes, quelques questions se posent: que faisaient les Français au Vietnam au milieu de 100 ans de guérillas ? Comment se sont ils trompés si lourdement? Pourquoi méconnaître à tel point leurs "protégés"? Bref, sinistre mémoire dans cette petite plaine frontière avec le Laos. Le bus fut un bus tardif...départ à 15:30, plus tour de piste dans la ville pour prendre les retardataires éventuels, arrivée vers 23 :00 à Sinho.
Sinho se révèle bien sympa. L'hôtesse qui m'héberge est bien aimable et je m'endors sans demander mon reste. Toute la matinée suivante, je traine au marché et autour. Aucun visiteur à part moi, on est un peu hors piste ici; pour en partir, j'ai du courir après le bus en moto....sinon, il fallait attendre un jour de plus.
Tout s'est enchaîné et finalement, les transports semblent avoir gagné en vélocité car je suis allée bien au delà de mes espoirs: Lai Chau, Sapa, Lao Cai et arrivée à 20h à  Bat Ha. 
Véritablement de très beaux paysages, du beau temps, le pass de Fansipan.
C'est le coeur du sujet ici. Avec le soleil, les couleurs des champs sont magiques. Dans la brume, la magie est différente, éthérée. 
Sinon, les "villages" sont assez horribles, chacun pour soi et Dieu pour tous. Le règne individualiste où le béton, l'inox bon marché et les couleurs sont roi. Les immeubles montent le plus près du ciel possible. Les villages traditionnels sont largement perdus, restent quelques maisons bois, sur pilotis et ils sont rares.
Le marché de Bat Ha a commencé comme un feu d'artifice: marché des buffalos d'eau, des cochons, chèvres, des poulets, lapins, canards et quelques chiens, hommes et femmes, tous intéressés par la bête, mais les plus remarquables sont les femmes et leurs jambes recouvertes de bandelettes bleues ou rouges, leurs jupes en viscose de couleur et parfois leurs coiffes habiles. Mais j'ai regretté l'artisanat, rien de bien joli, pas de broderies faites main. Finalement, de loin, c'est bien mieux!
Je suis restée à plusieurs postes d'observation pendant la matinée. Pas vue et tranquille. J'ai pu avoir quelques photos sur le vif parmi les locaux harcelés par les touristes beaucoup moins délicats....qui matraquaient carrément les passants. Au milieu de l'après midi, le village a regagné son calme: les touristes étaient partis, les femmes de la campagne reparties avec les trésors pour les enfants, surtout de la canne à sucre, et autres nécessités quotidiennes et les mobylettes ont repris le haut du pavé!
Le premier mai, bus pour Ha Giang, un peu plus loin dans la province, près de la frontière chinoise, dans la montagne.
Certes c'est la montagne, mais chaude. Les routes ont perdu l'aspect lisse depuis un bon moment, depuis Dien Bien Phu. Donc, les transports sont encore plus longs, inconfortables, parfumés et entassés. C'est le privilège des zones reculées...Je pensais faire de la moto, mais ma toux ne s'arrange pas du tout et la fièvre est juste stabilisée avec force paracétamol...Je décide de rester tranquille, de récupérer du sommeil et de mettre de l'ordre dans les photos. Demain, je rentre sur Hanoi.
J'ai finalement pu modifier mon vol de départ Hanoï/Chine, je serai sur place au Barrage des 3 Gorges le 5 dans la soirée et le lendemain je pourrai le visiter. Puis,  étape suivante, tenter une extension de visa. Si c'est positif, je penserai à aller au Tibet. Nous verrons bien à ce moment là.




jeudi 13 avril 2017

2017.03 31 Vietnam Saïgon, le delta et îles

31 mars: Saïgon.
Il fait nettement plus chaud ici, en contre partie, les rues sont accompagnées, en centre ville au moins, par de très hauts arbres, superbes, Hobea, du bois très dur et qui a été beaucoup exploité avec d'autres.... ils sont tous numérotés dans les rues, dans les parcs! Ça donne à la ville beaucoup d'élégance. On trouve aussi une forte connotation française dans l'architecture, la cathédrale est rose comme à Albi, les édifices publics importants ont, pour la plus-part, été construits pendant la présence française, gare, marché, certains hotels des années 20/30. Ca a du charme. Un métro est en cours de construction, grace à un financement Japonais. Les scooters qui forment environ 2/3 du traffic seront en partie remisés, et Saïgon changera de figure. Il y a aussi beaucoup de parcs, en centre ville toujours.
C'était l'objet de ces deux jours à Saïgon avec deux ou trois visites de musées, assez vite expédiées finalement, sauf celui de la guerre du Vietnam/ USA, assez terrible. Notamment, en ce qui me concerne, au sujet des défoliants utilisés pour rendre impossibles les cachettes en forêt....tout y est passé: la contamination des eaux de lacs, rivières, sols et gens provoquant outre des morts, des désordres génétiques chez les humains qui se perpétuent encore de nos jours, des naissances d'enfants déformés et mentalement touchés. C'est particulièrement difficile à imaginer et à accepter en plus de toutes les armes confectionnées dans le but délibéré de tuer et détruire le plus possible....et pas seulement des militaires.
Visité Cu Chi: un ensemble de tunels, construction commencée du temps de Français, dans les années 40, par les  Viets anti colonisation pour harceler les français et les profrançais. Puis, ils ont été agrandis, 250 km du temps de la guerre avec les américains. Ce réseau, à proximité de Saïgon a été très important dans la victoire communiste. Parfois sur 3 niveaux souterrains, insoupçonnés par les ennemis et toujours au coeur de la guerre. Les américains avaient établi une base très importante, au dessus, ignorant ce qu'ils avaient sous leurs pieds. Et ils n'ont jamais su. Visite interessante montrant les armes homemade des Viet ongs, les pièges particulièrement éfficaces qui blessaient à mort ceux qui y tombaient dessus...et toujours prêtes à fonctionner sans a oirà investir de l'argent qu'il n'y avait pas.

2 avril : Delta du Mékong. Can Tho. L'an dernier, traversant le Laos, j'ai longé le pays du Nord au Sud, sur ou le long du Mékong en tricotant avec les frontières de Chine, Thailande, Cambodge, sans atteindre l'extrémité du Delta. Nous y voilà donc. Can Tho est la plus grosse agglomération du delta. Ville plate et bien sale. Les voies d'eau sont jonchées de tout ce qui n'est plus utile, de déchets qui pourrissent ou non, sans parler des rejets des eaux usées. Mais c'est aussi un lieu de vie actif, le seul moyen de transport avant les années 60 ou 80 était l'eau...c'est probablement aussi l'endroit le plus reculé et qui change le plus rapidement avec des ponts, des routes.
Le rythme de vie y est lent, et en ce début du mois d'avril, j'y I trouvé des températures supportables grâce à la brise et la pluie quotidiennes. J'y suis arrivée en bus depuis Saïgon. Les paysages n'ont rien de magique car j'y ai trouvé un grand désordre, la campagne n'y est pas" bien peignée". La vie est amphibie, la crevette y est reine avec les élevages qui sont un complément de revenu appréciable. C'est la capitale de la sauce à base d'anchois Nuoc Mam: le poisson reste dans la saumure durant une douzaine de mois, puis il est pressé et filtré. La sauce obtenue sert de sel, riche en proteines et odeurs. Le Vietnam est le pays le plus réputé pour le Nuoc Mam mais il n'est pas exclusif.
Autre attrait du delta: les marchés flottants. Les villageois apportent leur production sur les marchés par voie d'eau, tôt le matin et ceux en quête de marchandises arrivent aussi . Ça donne lieu à une atmosphère bon enfant, vibrante de piaillements, transbordements de sampan à sampan, de jeux de couleurs, des piles de melons, citrouilles, verdures, choux, raves, bananes, mangues et bien plus changent de bord par lancement d'un bateau à une barque etc et il y a aussi, les sampans-restaurants: la maitresse des lieux est assise en tailleur, tous ses gamelles autour, tous les flacons aussi de différentes sauces et chacun passe commande qui de café, de riz+viande, tripette, etc...la maîtresse est très habile à mettre dans les poches plastiques destinées à cet usage et chaque commande est envoyée dans les airs avec dextérité et sans faille vers son destinataire...j'étais seule dans mon esquif, mon pagayeur, dans le dos, s'est offert son petit dej. pendant que j'observais. L'eau était plate, épaisse, gluante comme si elle était en mélange avec de l'os à moelle...ça donnait de larges tâches de lumière à sa surface. Je suis restée là un bon moment avec grand plaisir sous un ciel très menaçant. J'étais prête pour la saucée et je n'y ai pas échappé!
Le retour s'est fait par des voies d'eau très secondaires, charmantes, dont les rives sont boisées et très sales. Je ne pense pas que j'apprécierais de vivre si près des rongeurs de toute nature, des serpents, des batraciens bruyants, et autres animaux sympas et odeurs, néanmoins l'ensemble dégage quelque chose d'infiniment paisible. Les "maisons" tout le long sont un savant agencement de bâches de plastique, de tôles ondulées qui ont vu des jours meilleurs il y a longtemps, de caisses de polystyrène ...
La fin de la nuit et la matinée ont été consacrées à cette ballade avant de prendre l'avion pour Con Dao, île au large Est du delta..

3.04 Ile de Con Dao
Une petite heure de vol, pas de touriste, un mini bus collectif qui m'amène à l'hôtel et me voilà dans le bagne français éponyme! Température moyenne annuelle de 26/27°c! On ne va pas compter les jours de pluie, même trempée, il fait bon; il n'y a que mes chaussures qui souffrent et par voie de conséquence, mes pieds avec de probables ampoules...si je marche trop longtemps.
Tout est très vert, la jungle. Une seule route: celle qui va de l'aéroport à la "ville" ou aux pénitenciers. Onze au total! Français en 1862, américains dès 1955. Surtout des détenus politiques, même du temps des français.
Comment peut on dans un si beau cadre mettre des gens dans des fosses à lions, ici appelées "cages de tigres"????? la torture était la pratique courante, accompagnée de travaux de force et forcés, d'un régime alimentaire sommaire et de soins inexistants. Tous les commentaires, en anglais, sont venimeux à l'égard de la France et des USA. Con Dao n'est pas le seul lieu où je l'observe. TOUS les musées. Chaque référence à la France. J'avoue que c'est une des raisons de mon peu d'enthousiasme pour les musées au Vietnam. Cependant je ne perds pas de vue que la renaissance du pays est faite dans des conditions politiques  qui donnent sens aux propos lus partout.... De plus, indéniablement, les conditions de détention tels que l'on peut les voir sont lamentables. Ce n'étaient pas des prisonniers français mais Vietnamiens, politiques pour la plus part....
J'ai donc passé mon temps à contempler ces camps, qui ont eu des prisonniers jusqu'en 1973/1975!!!! Ce n'est pas vieux. Inutile de dire que les voeux pieux de " plus jamais ça" me font plutôt penser à des grimaces qu'à des résolutions effectives.
Je pensais aussi à Soljenitsine et aux camps de détention russes de Solovetsky sur la mer Blanche... un site remarquable et paisible dont le passé récent a été cruel aussi.
J'ai passé mon temps en visites et à lire un ouvrage sur le Vietnam le long de ce que l'on pourrait appeler "las ramblas", ou qui le deviendront peut être, car le long de l'océan, l'avenue est parfaitement aménagée avec quelques hotels, parcs et le projet avoué est le lancement de cette "station" largement méconnue. En revanche, les "sand-flies" rendent la vie pénible. Mouchette minuscule, avide de sang et dont la piqure est très  terriblement irritante.

7 mars: Delta Ca Mau sud du delta du Mékong. Je suis presque au bout du bout du delta et hormis ma ballade vers les marchés flottants, je reste sur ma faim pour les promenades en bateau. Je pensais découvrir la zone en barquette à moteur certes, mais non, c'est en bus! Je dois boire ma coupe jusqu'au bout puisque je suis au bout du delta et cet après midi, je me suis occupée de rèserver une place au petit "port" local. Je n'ai aucun espoir de monter sur une barquette, elles ont été supprimées des moyens de transport longue distance par les bus. Je suis arrivée trop tard..donc je fais avec. Peut ètre vais je aller sur l'ile de Phu Quoc en bateau, autre pénitencier, LA perle du Vietnam en mer en golfe de Thailande!  
La route n'a pas grand chose à montrer: des arbres tout le long de la route, une urbanisation tout le long des chemins existants, vue parfaite en avion! Il y a un habitat " groupé" et étiré le long des voies. Les champs de riz constituent la principale richesse du delta avec le poisson,  le nuoc mam, le poisson et les crevettes élevés en bassins ou poissons d'eau douce. Plus les cultures vivrières, poulets et canards dont ils sont friands et un peu d'élevage maigrissime!
Il y a toujours des maison de fibres végétales, les couvertures aussi, en feuilles de palmiers. C'est très pauvre et on voit arriver les maisons en béton, faïences, clôturées à la mode chinoise, en "inox", avec des façades de quelques mètres et plusieurs niveaux, derrière le bâti le long des routes, les champs de riz mouillés. L'eau est assez haute en période sèche, je me demande si ils sont tranquilles lors de la saison des pluies, je ne le serais pas trop...et je crois savoir que le delta est TRES concerné par le réchauffement et la montée générale des eaux, et par la salinité à l'égard des cultures.

C'est dommage qu'il ne soit plus possible de naviguer pour le plaisir le long des canaux. Peut être , lorsqu'ils seront prêts à s'occuper du tourisme le re-déploiront ils? Ces communistes sont décidément très dogmatiques, plus royalistes que le roi! C'est amusant, à Ca Mau, perdue au fond du delta, pas très peuplé, il y a des monuments du type soviétique, pompier, académique, puéril. C'est ainsi que je les vois au moins. Les bienfaiteurs russes sont passés par là, dans d'énormes avenues, très illuminées même si la population n'a pas le minimum vital: propagande. Je ne sais pas si les locaux sont trés politisés ou si ils cherchent à rester avec le "flot"; il m'est arrivé une ou 2 fois seulement d'entendre des propos anti-communistes, anti Oncle Ho, clairs et précis. Etant donné aussi que rares sont les Vietnamiens qui parlent anglais, il n'est pas très facile de communiquer et ils n'ont peut être pas trop envie non plus!

08.avril: Delta Kien Giang Rach Gia
Près de la frontière du Cambodge. Avec la chaleur, épaisse et l'humidité. Après le bus, j'ai marché 4 km pour aller à l'hotel. Pas forcément une bonne idée mais j'avais besoin de me dégourdir. Les jambes sont enflées...et douloureuses avec cette chaleur, autant vaut faire circuler la sanquette...
Larges avenues, agitées de cyclomoteurs dont le klaxon est bloqué sur "on". Ici ,on klaxonne, juste pour voir si ça marche, en cas d'en avoir vraiment besoin peut être. C'est vrai pour tout ce qui roule y compris les charrettes poussées à bras ou les commerçants ambulants qui doivent se signaler aux acheteurs éventuels bien sûr...
Au moins en Chine, les cyclos sont électriques...
Après avoir trouvé l'hotel facilement, chinois, peut être étais- je la seule cliente aussi, je me suis mise en quête de mon dîner pour le soir, qu'y a-t-il à espérer? Je suis allée en ville. L'hôtel se trouve au centre, entre la gare des bus locaux, le marché près de la rivière, un des nombreux bras, et tout ce que ça représente en agitation tranquille, odeurs, couleurs. Mais, pour moi, plus il y en a, moins je trouve ce qu'il me faut...et même, ça me coupe l'appétit. 
Il y a en ville, le long des rues ombragées un petit musée français, une huître avec une perle, fermé car c'est samedi mais c'était seulement le but de la promenade dans ce quartier paysible. J'y ai goutté une "crêpe" vietnamienne, cuite dans la rue, (genre d'omelette plus exactement, fine comme une crêpe) à laquelle la cuisinière ajoute une pincée d'herbes, plus de minuscules crevettes, plus de la carotte râpée, du navet etc et hop là, la crêpe est pliée en deux  et servie avec de la salade, de la menthe viet, et une sauce. L'art consiste en mettre de l'omelette dans des feuilles de salade, rouler et plonger dans la sauce. La premiere bouchée m'a été proposée, à la main, j'ai failli hoqueter... et j'ai voulu continuer comme une grande au milieu des rires alentour....au moins ça de gagné! Ça a été laborieux, moyennement délicieux car les crevettes sont déshydratées, et dur à avaler, mais rigolo car je ne parle pas de la sauce qui se répandait abondamment sur les jambes...
Puis j'ai flâné d'un bon pas le long des quais, ou quartier résidentiel ou avenue commerçante. 
J'étais absorbée par un repérage sur le GPS lorsque je me suis retrouvée KO au sol, assommée! Je suis tombée sur les fesses, assise, sans rien lâcher. Comment? J'ai heurté, de front, un panneau d'affichage, la barre horizontale. Plus solide que moi....Sonnée, il m'a fallu du temps pour me reprendre et pour comprendre. Personne n'a bougé pour m'aider, les gens tournaient la tête devant mon regard. Assez surprenant. Je n'ai pas saigné, rien de cassé mais quel choc! J'ai cherché un banc et j'ai attendu que tout se remette en place. Il faisait plus de 30, il m'a fallu une bonne 1/2 h allongée sur un banc à l'ombre.
Ca a mis un terme à mes pérégrinations de la journée, j'avais fini d'ailleurs! Il fallait que je regagne l'hôtel et que je mange quelque chose.
Je cherchais un endroit où manger des crevettes grillées, j'au trouvé, elles étaient bonnes.
Demain, bateau pour Phu Quoc

10 avril: Ile de Phu Quoc , traversée qui aurait pu être plus sympa. Le choix était simple: 
  • rester à l'intérieur et se les geler...
  • sortir sur le pont et profiter de la brise,
J'ai opté pour la dernière hypothèse , mais une heure ou 2 après 
le départ il y a eu comme une vague, une pulsion. Tous ces messieurs, avec le masque anti-pollution, ont eu un besoin pressant ou de fumer ou de pisser, parfois les deux. Je n'avais pas prévu le coup...bien sûr! J'ai rapidement vu pour les cigarettes mais je suis restée médusée pour le reste. J'ai très visiblement fait comprendre que pour la cigarette, ils pouvaient changer de coin et aller de l'autre côté, mais au bout d'une demie heure, j'ai laissé tomber.
Sur l'île, j'ai loué un super scooter. Tour de l'île en mobylette, avec le vent sans moustiques, ni chaleur. Rien de bien attractif en matière de plages ou de mises en scene, en revanche, des villages de pêcheurs terribles de pauvreté, de couleurs. Rivages de déchets plus ou moins patibulaires et odeurs à la hauteur ! 
Le dommageable est que l'île sera dans quelques années le Phuket Vietnamien. Les infrastructures sont en marche ( voirie surtout) avec du ni fait ni à faire, et des Resorts en cours en nombre pharaonique. Les russes sont très friands de l'île déjà, les pharmacies, les restaurants s'affichent en russe. Les Chinois aussi, mais les vietnamiens ne les aiment pas, bien qu'ils importassent leurs produits bon marché en masse et leur laissent beaucoup de devises...Je me suis laissée dire à plusieurs reprises qu'actuellement, de nombreux Chinois ( je sais pas combien, mais ceux qui arrivent à Hong Kong) ont un train de vie très substantiellement plus élevé que les habitants propres de HK! Ils contribueraient à faire grimper les prix de l'immobilier....entre autres.
J'ai assisté au soleil couchant sur la plage, à l' Ouest. Il se couche tôt ici, 18:15! Puis j'ai dîné chez des Indiens et ce matin, j'ai la tripette en capilotade! Et je prends le bateau cet après midi pour retourner chez les amphibies, sur le delta....
En dehors des petits ports dont je viens de parler, je n'ai pas trouvé de grande attraction aux lieux...

11avril: nuit dans un 5 étoiles à Ha Tien, un autre bras du Mékong. La frontière du Cambodge alimente le trafic et la "prospérité" locale. Surtout j'y ai trouvé une mangrove très importante et suis allée y faire un tour en barque. Je suis toujours un peu oppressée si les canaux sont très étroits; là, ils étaient suffisamment larges pour me sentir en sécurité de tout reptile qui aurait l'idée d'aborder...
La petite ville est un gros marché, de poissons et fruits de mer surtout, en partie pêché en mer, le reste vient de très importants élevages de la région, ce poisson est exporté en Europe, USA et Japon...sous contrôle..
Ca ne m'a pas inspirée aujourd'hui lorsque j'ai longé en bus tous ces bassins....Et hier soir j'étais aux trois/4 décidée à en manger, mais lorsque je les ai vus, ça m'a coupé l'envie. En revanche, j'ai trouvé des beignets de banane, comme un énorme sucre d'orge de 12 à 10 cm, trop bons!!!! J'ai donc dîné en commençant par le dessert vers 17h, et j'ai fini par des pâtes instantanées. J'ai trouvé ma marque, elles sont tout à fait acceptable et c'est ma "roue de secours" au Vietnam.
J'ai dormi dans mes étoiles mais pas mieux que dans mes 2 habituelles et le petit dej. non plus car le "buffet n'était pas en service" , basse saison probablement. Donc 2 oeufs op lat avec un petit pain. Ces derniers ont la caractéristique d'être bien bombés et...vides de mie. Du vent! Ils en consomment beaucoup, font des sandwiches avec...dont raffolent les touristes . 
9 heures de bus et me voilà de retour à Saïgon. Je pense avoir fait le tour du delta. Je n'ai pas encore visité le Bangladesh mais ça me donne déjà une petite idée...du cauchemar de la saison des pluies, ici ou la-bas. Bien sûr, ces gens là sont régulièrement touchés de plein fouet!


222017.03.29 Vietnam plateaux intérieurs

29 mars: Parc Nat. de Cat Tien.
Excellente idée de m'arrêter là pour limiter le temps de bus au quotidien. Première fois que je rentre dans un bus couchette: il y a 3 travées dans le bus, sur 2 niveaux. Les sièges sont déjà inclinés et on peut augmenter l'inclinaison jusqu'à 70 %! La couverture est fournie, on se déchausse pour monter dans le bus et s'assoir dans sa couchette, cette dernière est individuelle. Cool!les 4 h sont passées sans m'en rendre compte. À la halte, j'avais organisé un pick up par taxi qui m'a amenée au lodge. Ce dernier est au bord de la rivière qui longe le PN et à l'entrée de celui-ci. Toit baigne! J'ai un bungalow de bamboo, sur pilotis, au-dessus de la rivière, très bien aménagé tout en étant fort simple. Que du plaisir. A 14h j'étais prête pour n'importe quoi. J'ai loué une byci. 10 mn après j'ai essuyé ma première averse depuis 5mois! Un déluge! Plus de 30mn! Et tout est redevenu comme avant. Je suis remontée sur mon vélo pour chercher des fermes de poivriers: j'avais les grains dans mon répertoire, avNt et après séchage, il ne me manquait que la liane. Je l'ai en photo. Je pense avoir déjà eu un contact avec le poivrier en Réunion. 
Il y a village traditionnel à l'entrée du Parc, maisons de bois, différentes de celles des Mnong et Eké à Buon Ma Thuot. Les fondations des maisons anciennes sont souvent faites en basalte, sur pilotis et un peu plus décorées, avec du teck; aujourd'hui, ces maisons ne sont plus construites ainsi, pour des raisons économiques surtout, le teck est devenu bcp trop cher. Le béton plait beaucoup, peint de couleur pastel, jaune/orange surtout.
Tout s'est bien déroulé. Un bus super, 4 h de route, un pick up qui m'attend pour m'amener au lodge, des arrêts en route pour prendre des photos de poivriers, et le Parc Nat.. le lodge et donne un bungalow au dessus de la rivière, à l'entrée du Parc, en bamboo, super bien. Il ne me reste qu'à décider de ce que je fais de mon temps..
Ce n'est pas difficile, la rivière en bateau en fin d'après midi et rando dans le parc demain matin. Entre les 2 : du vélo. Sitôt sur le vélo la pluie commence à tomber. La vraie pluie depuis 5 mois!!! Une petite heure qui donne le temps aux crapauds et grenouilles de sortir et d'apprécier! Et pour moi, j'étais hébergée dans une échoppe, je n'ai pas pu identifier ce qui s'y vendait...mais le marchand était très sympa.
Entre les gouttes j'ai acheté quelques fruits et une bière. L'après midi est passé très vite, deux heures le long du parc, en bateau, à la recherche de gibbons ou autres singes, nous avons eu des macaques! Des hérons bleus, des martin-pêcheurs, de cailles, des cigognes, des paons. Personne sur l'eau, très tranquille, quel plaisir. 

Demain, je randonne dans le parc, et ensuite, direction Saïgon. 
Une longue promenade et des rapides. En fait la zone est classée pour protéger les zones humides. Mais elle a été très touchée, contaminée par les "arrosages répétés de défoliants.... les populations animales aussi, comme humaines....
Les distances sur les cartes étant erronées, plus courtes qu'indiquées, 2 h après mon départ j'étais de retour et j'ai pu prendre le bus pour Saïgon plus tôt et arriver avant la nuit. 
Premier contact avec les sangsues ...une à la cheville, une à l'aine. Bien que j'évite de marcher pieds nus ou dans l'herbe car je suis très sensible aux fourmis, ces 2 bestioles que je n'avais jamais regardées auparavant ont trouvé le moyen de me piquer le sang. Non seulement je n'ai rien vu ni rien senti mais en plus je ne sais même pas comment c'est fichu! Á la cheville j'ai comme balayé une herbe sèche d'1 cm de long et je suis passée à autre chose; mais 30 mm après ou plus quelqu'un m'a pointé mon pied et la chaussure ensanglantés. Et ça coulait toujours mais je n'ai pas vu la bête. Celle de l'aine à été plus bizarre: j'ai trouvé plus tard dans l'après midi mon short tâché au bas de la poche; je n'avais pas de stylo à bille et je n'ai pas identifié du sang. Lorsque je suis allée aux toilettes j'ai trouvé la même tâche mais diluée avec la transpiration et plus large sur mon sous vêtement, et là j'ai regardé mon ventre: pas de bête nulle part, aucune sensation, mais une piqure entourée d'1 cercle parfait, le tout bleui... rien de tel à la cheville! Je n'ai pas demandé de quoi il s'agissait, j'ai nettoyé. Une semaine après j'ai toujours ce cercle qui est devenu rouge...
Les différents chauffeurs qui m'ont amenée et ramenée du bus au parc parlaient un peu anglais, sans l'écrire toutefois. Ce sont eux qui m'ont montré les plants de poivre, les anacardiers dont la région est prospère en temps normal. Actuellement, les paysans du coin sont réduits à moins de 150 $ par mois par famille. Les arbres meurent les uns après les autres, après avoir vu les feuilles devenir noires et tomber et les pommes se déformer et donner une noix ridiculement petite et tordue. Seul produit à gagner: la vente du bois! Tout le sud du Vietnam où prospérait l'arbre est touché. C'est la première indication de revenus que je récolte et que j'ai pu re-couper....les gens vivent avec très peu.

Ce qui me frappe depuis un bon moment et que j'ai oublié de signaler c'est la façon dont les hommes se soulagent: j'ai vu plusieurs zizis en l'air et à l'air, sans problème,  comme à Haïti, et c'est une référence! Partout, en ville comme à la campagne et ça pue copieusement en plus de la pourriture dans les marchés, voies d'eau avec les déchets etc...