jeudi 11 août 2016

Iceland, deuxième partie

Suite 1 et 2 aout.
Je me suis adressée au Syndicat d'initiative pour chercher où acheter une bonne couverture icelandaise pour dormir dans la voiture. Mes recherches du matin avaient été infructueuses et je n'e suis pas disposée à payer 100 euros pour dormir simplement. Voilà que cette jeune fille me trouve une ferme à proximité avec des prix raisonnables. Je vais y rester 2 nuits et demain je reviendrai dans mon nid après les différentes randos que j'envisage.
Je n'ai pas encore goûté aux mets icelandais, notamment le poisson. La bière locale riche et bonne.
Très bonne et longue nuit terminée avec un petit dej. varié. Il n'y a pas de connexion internet à la ferme de "Stefan" . Il vit là à l'année. Sa passion: les chevaux. En été, sa fille et sa femme viennent à la ferme où ils ont les chambres d'hôtes, peut être une dizaine ou plus et les excursions à cheval. Le reste de l'année, elles sont à Reykjavik. Il élève les chevaux, fait des compétitions de dressage et de beauté et gagne des prix... Au total tout le monde est content et l'argent rentre, sinon, je ne sais pas trop comment ils avaient du cash autrefois en dehors des usines à poisson. Depuis qq années, la prospérité arrive partout, ils construisent des hôtels, des ch. d'hôtes, des rénovations de "fermes" rien à voir avec nos bâtiments. Ici, les fermes sont modernes, bien isolées et confortables, hightec.
J'ai classé un peu les photos, pas eu le temps des légendes encore...
Aujourd'hui visité un autre fjord, ouvert, longue route pour atteindre le repaire à macareux..moine, puffin en anglais. La route bien que gravée sur 50% du trajet était belle. A nouveau des cols ventés à passer, des vues magiques et désertiques en terme d'habitat, mais tout vert ou noir en fonction du sous sol.
Aujourd'hui, j'étais à Hafnarhôlmi et Borgarfjôrdur. Charmants petits hameaux où la vie n'a pas été drôle tous les jours. Pour y arriver, une route engravée à flanc d'éboulis de scories volcaniques qui est passée souvent sous les glissements de terrain avant nos jours...perdus corps et biens les pauvres malheureux qui s'y trouvaient au mauvais moment ou qui tombaient, avec le convoi, dans l'eau...
Ceci dit c'était superbe. J'ai trouvé dans un café local une soupe de poisson fraîche et j'ai pu en acheter à emporter, ainsi que des galettes de chocolat...

3 août:
Départ de bonne heure pour passer  au Visitor center pour internet et pour faire des recherches généalogiques. Essayer au moins de retrouver une islandaise au pair comme moi en Angleterre en 1966/67....Rien trouvé de précis encore. j'ai donc pris la route.
La route a été longue car non seulement il y avait des km à faire dans un désert de scories mais en plus je n'ai pas trouvé d'hébergement dans la zone des sources chaudes...J'ai démissionné et suis partie à 60 km plus loin et j'ai eu un dortoir pour moi! 
J'avais fait un pic vers le cercle polaire histoire d'avoir froid, même pas froid! Puis descente vers Asbirgi, le canyon qui court depuis Sellfoss et qui s'achève en fer à cheval à Asbirgi. De là à Husavik, joli petit port, et Myvatn, la zone des sources chaudes. Donc longue route.
Tout a bien marché mais j'ai décidé d'acheter ce qu'il faut et je vais dormir dans la voiture. 3 nuits encore. 
4 août
Une expérience encore. J'ai de l'eau chaude et froide. Il y a de quoi se laver partout sauf que l'eau est glacée mais ne tue pas. Je peux boire la nuit et faire mon petit dej le matin! Je suis devant une belle baie, super coucher de soleil, je vais passer la nuit dans la voiture près de Stykkishólmur, ouest de l'Islande. Aujourd'hui, je me suis arrêtée à Akurevi et j'ai longé plusieurs fjords. Superbe.
C'est la 2 ieme ville d'Islande pour sa population. Elle est située au fond d'un fjord ouvert est se trouve environ au milieu de la côte nord. On dirait un ville nouvelle; tout y est neuf. La cathédrale a une belle mise en scène et c'est le même architecte que celui de l'église de Reykjavik.
J'ai continué ma route jusqu'à un petit port de la côte ouest. J'ai visité pas mal de petits coins, rien de sensationnel mais charmant. Et ce port, Stykkishölmur, avait tout pour me plaire: petit, de pêche et de transport vers les nombreuses îles alentour, du basalte, des oiseaux, du poisson. J'y ai mangé mon premier "fish'n chips" depuis des....lustres! Je m'en suis léché les doigts et les babines..! Trop bon.
Puis, ayant fait le plein d'eau froide et chaude dans un hôtel qui m'en a donné très gentiment, j'ai cherché " mon coin". En retrait de la route principale mais visible avec une vue sur l'océan. C'est comme si j'avais dormi, pas à la belle étoile puisque il n'y a pas vraiment de nuit, 2h30 du petite nuit. C'est tout. J'ai lu à la lumière solaire jusqu'à 23h30 et jusqu'a 7h30, toujours avec le soleil mais de l'autre côté.
Bons débuts. Aujourd'hui, je me suis ré-approvisionnée en eau chaude en demandant à des jeunes qui tenaient l'office de tourisme d'une petite ville! Et ça marche. Je me suis trouvé un autre coin ce soir, entre mer et montagne et vue sur les 2! Et j'ai utilisé pour la premiere fois, les sources thermales d'Islande. J'y suis restée une heure, en plein air. Un peu décevant mais c'était simple et peu fréquenté. J'ai apprécié. Je recommence demain ailleurs.
Aujourd'hui ma route longeait la péninsule de Snaefellsjökull dont l'extrémité se termine par un volcan et un parc national éponyme. Majestueux en ce sens que hormis 2 phares et la lave, il n'y a rien. Il faut prendre son temps, c'est ce que j'ai fait en marchant jusqu'aux 2 phares. La lave mise à part, ça ressemble à la Bretagne par les couleurs. Lorsque les coulées de lave laissent la place à la terre arable, alors c'est tout vert et en travaux: rentrée du foin pour les 6 mois d'hiver...Il y a surtout des chevaux, assez courts, chevelus et  forts en jambes. C'est une race purement locale qu'ils ne veulent pas mélanger en cas de maladie...Prudents ces gens là. Autre observation: ils sont très attentifs à l'écologie, au recyclage, à la propreté et bien que très individualistes, de réputation, ils savent très bien ce qu'est un service "public", ce sont eux qui le font marcher au niveau local. C'est très intéressant à observer et à appliquer...
6 août: la côte west, très ensoleillée, beaucoup de km dans les fjords mais superbe. Je m'attendais à des fjords vertigineux....mais non, les pentes sont relativement douces. En fonction des matériaux, les routes sont en haut, le plus souvent et elles sont souvent vertigineuses avec des pentes supérieures à 15% et sur des scories.....En bas, lorsque ça arrive, les sols sont plus évolués et parfois ont des pâturages. Globalement, ce sont des formes douces, une mer douce aussi. Peut être en hiver en va-t-il autrement?
Quelques fermes isolées physiquement par temps calme ça peut aller; par temps plus agité et en hiver, les routes peuvent être fermées à cause des températures et de la neige, l'isolement doit être terrible. La radio ne passe pas vraiment, internet pas du tout, il reste les ondes courtes...? Je pense que c'est une sacrée expérience que de passer un hiver dans le coin. Les femmes sont de fortes femmes et j'imagine que le temps, elles le passent à cuisiner de l'agneau, du mouton ou du poisson et des merveilles locales...
Pour le touriste qui arrive, il vaut mieux avoir prévu quelques réserves, sinon on trouve des snacks chers et pleins de sucre...je pensais trouver beaucoup de "fish and chips" mais finalement j'en ai trouvé peu. Pour être plus juste, il faut dire aussi qu'il n'y a pas de publicité, pas de signalisation ou si modeste qu'elle passe inaperçue par l'oeil non averti.
A ce sujet, la publicité, c'est très reposant! En revanche, il faut être très attentif pour la signalisation routière car il y en a relativement peu et discrète. Pour les magasins, c'est pareil, peu de démonstration dans la rue sauf pour la Poste que j'arrive à repérer...
En matière de super marché: Netto et Bonus, discounters que l'on trouve dans toutes les petites agglo et les grosses aussi. Globalement, même en discount, les prix sont élevés pour manger, pour s'habiller. L'essence est à 1,6€ le litre. Ne parlons pas de la restauration traditionnelle ou des lieux très touristiques où les prix sont encore plus élevés. 

11.08 De retour à Reykjavik. J'ai rendu la voiture. Au total plus de 3000 km en 14 j. Les fjords sont longs.... Pour ce retour des fjords du Nord Ouest, j'ai pris le ferry. Le temps était gris et grincheux avec du vent.. Tout pour trouver confortable de ne pas conduire. J'ai passé ma dernière nuit de 6 dans la voiture, à Akranes. Village ancien à l'extrémité d'une péninsule, calme et vide: du vent et du crachin. Pas surprenant. Donc en dépit de mon désir de grignoter du poisson, je me suis contentée de mes réserves: pain et fromage.
Pour résumer mon périple dans une partie des fjords Nord Ouest, je dirai que la conduite a été longue, sur des pistes en très bon état, mais des pistes tout de même. C'est un grand désert aussi. Lorsque les touristes partent, j'imagine qu'il reste les oiseaux....
Je ne regrette pas d'avoir sélectionné partie seulement des fjords.

mardi 2 août 2016

Iceland 1

23 juillet Iceland:
A première vue, ça manque un peu de chaleur. Certes il fait gris, je suis en route depuis 24 h sans dormir et je viens tout juste de trouver une boulangerie pâtisserie pour le petit dej. L'avion que j'ai pris était un "low cost" sans repas ... 

Après la sieste, plus une bonne nuit, tout va bien! Journée de musées pour moi aujourd'hui. Tous consacrés à des artistes Islandais: Errós, Kjyarval et le sculpteur Asmundur Sveinsson. Des inconnus pour moi. Et j'ai bien aimé. Dans les galerie d'art, et il y en a bcp, j'ai trouvé des travaux originaux et beaux en simplicité autant qu'en matériaux utilisés. De la joaillerie et du galuchat; ce travail se re-déploie depuis qq dizaines d'années. 
Puis je suis passée activement à la recherche du moyen de transport pour visiter et j'ai sélectionné les où et comment autour de l'île et j'ai réservé une voiture.
Internet c'est bien mais ça ne fait pas tout: je me suis trompée dans l'adresse du pick up du véhicule et dans le jour de pick up! Mais j'ai appris ce jour là que le permis de conduire international ne valait rien sans l'original du ministère de l'Intérieur! Toujours ça de pris ou d'appris!
Ca n'arrive pas qu'à moi apparemment car l'agence m'a fait des suggestions constructives sur le mode de procéder pour arriver à mes fins. Je n'étais pas trop convaincue mais ça a parfaitement fonctionné et dans un délai bref. Que du bonheur, nous avons de bonnes Préfectures!
Tout ceci m'a pris un peu de temps certes mais quel soulagement! 
Pour le cas où je n'avais pas eu de voiture, j'avais préparé le plan 2 et l'avais amorcé, en bus, tour pour la journée.

27 juillet: visite des endroits touristiques en bus, dans le centre de l'île. J'y ai rencontré une américaine, Tamarah, avec laquelle je suis partie le lendemain sur la côte sud ouest. Très bonne journée, dans un groupe de 12 personnes et un mini van; un guide qui parlait de façon intelligible et très intéressant, Agence Sterna de Reykjavik.

28.07 Départ un peu laborieux car nous sommes parties avec retard de l'agence de location et nous sommes parties dans la mauvaise direction: la boucle, on avait 2 solutions...
Tamarah venait pour la journée avec moi et retournait sur Reykjavik en stop en fin d'après midi après avoir atteint notre objectif. Tout s'est très bien passé sauf pour le temps: commencé avec un beau soleil et terminé sous la pluie et la brume.
J'ai pu prendre le ferry comme je le souhaitais pour aller sur l'île de Westman lieu de naissance du dernier volcan 1973 ! Heureusement que j'avais une place pour la nuit réservée..

29.07 Westman Islands. C'est là que se trouve le plus gros port de pêche Islandais: 5000 hts.  La ville a menacé d'être convertie en Pompeï du XXe s.! Un beau matin, les prairies se sont soulevées et se sont converties en un volcan sur lequel je suis montée et son voisin nous regardait, celui qui s'est mis à cracher en 2010 ou 2011 et qui a bloqué je ne sais combien de vols en Europe! Pour ma visite, tout le monde dormait...mais on peut faire cuire un Puffin ou du pain quand on veut dans les " fours" naturels que l'on trouve partout sur le volcan...
Journée de marche ce jour là: avec Jo, une Taïwannaise. Une 20 taine de km
avec un temps superbe et pendant que l'île est en effervescence: festival annuel de musique! 70 000 personnes cette année, un peu moins que Burning man. La comparaison s'arrête là. Je n'avais qu'une nuit sur l'île, je prenais le ferry du soir, puis la voiture pour aller plus à l'est, à Vic, sans réservation de lit non plus. Une nouvelle galère: à minuit j'étais toujours sans chambre ou lit. Incroyable: tout plein et à des prix élevés! Je n'osais pas demander à des guesthouses à cette heure là: elles n'ont pas de concierge ou de réception; j'ai questionné un hotel qui m'a trouvé un nid très sympa et oú j'ai pu rester 2 nuits, les choses se sont bien terminées à 1h du matin....
Des ballades, du beau temps, de beaux paysages, de belles plages. Je crois que c'est la première fois que j'ai aimé une plage de "sable" noir. Plus près du galet que du sable...et du basalte en tuyaux d'orgue sur la plage, superbe! 

31 juillet: objectif Höfn, 280 km avec pas mal de choses à voir. La logeuse de la ferme qui a été bien aimable m'a dégotté une place pour dormir dans une école, dans un dortoir pour une somme modeste en termes islandais...
La configuration en bord de la plage semble la même, mais on change de calotte de glace. Ce sera encore un volcan, plus haut, plus massif, la calotte aussi, recouverte de glaciers qui sont en récession très rapidement tout en avançant. C'est fantastique. Ce n'est pas le Perrito Moreno, certes, mais ils sont tous au niveau de la mer...ballades superbes, plus ou moins ensoleillées mais peu importe. . Les cascades sont somptueuses et j'ai vu celle que je voulais en vrai! Elle a ceci de particulier qu'elle s'échappe de blocs de basalte allignés parallèles à la chute et de façon très harmonieuse. Il faut marcher un peu pour la trouver et faire une boucle. Très plaisant. J'ai fini sur un lac de glacier qui charrie des icebergs. Lesquels restent sur le lac qq temps et qui ensuite partent en mer en passant sous un pont. C'est superbe, puis parfois, ils s'échouent sur le rivage avant leur dernier voyage en mer.
Il était tard lorsque j'ai atteint mon école, mais j'ai été gratifiée d'une chambre individuelle pour le même prix que convenu... grâce à ma dernière logeuse de Vic.
Très bonne nuit et départ tôt le lendemain pour suivre les suggestions de l'hôtesse à l'école.
1r  Aout: en effet, paysages différents, tout aussi scéniques mais sans lieu magique. En revanche, les dimensions de ce désert côtier, noir, coupé de rivières exutoires des glaciers, qui font l'objet de crues dévastatrices sont impressionnantes. Autrefois, lorsque il n'y avait pas d'ouvrage d'art, les traversées se faisaient à cheval..
Pique nique sur la plage, au soleil et air vif! La route est longue semble-t'il et il est déjà près de 15 h lorsque je quitte les rivages pour traverser le plateau intérieur qui m'amène sur les fjords à l'est : Seydisfjordur.
La route est engravée sur une bonne partie de la distance et les paysages traversés ressemblent à des reliefs de cuestas mais ce sont ici des pierres noires, volcaniques, plus anciennes qu'en bord de mer, très ruinées par l'érosion et où les cascades coulent de partout , en espalier sur plusieurs centaines de mètres de haut! On traverse ces "canyons" ouverts pour passer sur l'autre versant nord. Ce n'est que cette deuxième partie qui est cultivée, foin surtout.
arrivée à destination,je me suis adressée au Syndicat d'initiative pour chercher où acheter une bonne couverture islandaise pour dormir dans la voiture. Mes recherches de chambre du matin avaient été infructueuses et je n'e suis pas disposée à payer 100 euros pour dormir simplement. Voilà que cette jeune fille me trouve une ferme à proximité avec des prix raisonnables. Je vais y rester 2 nuits, demain je reviendrai dans mon nid après les différentes randos que j'envisage, je pourrai cuisiner léger, une soupe et avoir mon petit dej; j'ai donc fait des provisions..
Je n'ai pas encore goûté aux mets islandais, notamment le poisson. Les bières locales sont riches et bonnes.

USA Mariage et Napa

Napa 23 juin- 23 juillet
Eh oui, un bon mois! Dans tous les sens du terme.
Pour l'arrivée, j'ai dû mettre l'énergie à disposition tout de suite, même avec des réserves au plus bas..:le lendemain, le mariage à San Francisco où nous devons passer le week end à l'hôtel c'est la Gay pride. Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être. Pour moi, c'est le moyen des LGTB revendiquer leur identité et de la proclamer. Faisant suite à l'attentat intervenu à Orlando qq jours plus tôt, c'était un peu inquiétant. Beaucoup de police et de contrôles et finalement tout s'est bien passé.
Nous avions assisté á un show donné par un choeur, super. Fort connu aux USA au moins et probablement à l'étranger aussi et de haute volée, fort agréable.
J'ai achevé le we à SF en prenant du cash tout en laissant ma carte bancaire dans le distributeur...plus de sous! Mais je ne me suis pas rendu compte tout de suite...dans les 15 jours j'en avais une autre, mais qu'il faut reformater...en rentrant.
Le repos a commencé à Napa: rien, du vélo, rien, de la cuisine parfois ratée avec brio et sans honte, et la préparation du 14 juillet! Super. Un peu trop de provisions...mais tout dans le bon sens.
Nous avons mangé les produits du jardin ( mirtylles, mûres, concombres, courges, rucula, laitue, aubergines, tomates, pêches, pommes, haricots verts)  et mangé un oiseau du jardin...une première pour moi de faire le bouillon et la poule au pot!
Très bon temps avec les garçons et récupération. Prête poir de nouvelles aventures... En Icelande!

mardi 5 juillet 2016

Cambodia

 Cambodge Juin 17.
Je me suis sentie soulagée en arrivant à Siem Reap. De quoi? Pas sûre. La chaleur était la même, je ne savais pas comment aborder la visite des temples et la fatigue me pesait; j'avais décidé de visiter uniquement Angkor au Cambodge et j'avais pratiquement 4 jours pour ce faire. J'avais un hôtel centre ville, les taxis tuk-tuk sous la main et l'hôtel peut mettre un chauffeur à dispo quand je veux....
Je suis partie humer l'air en ville, cherché à organiser ma ballade en bateau jusqu'à Battanbang, sans succès à cause du déficit en eau, je devrai donc me rabattre sur le bus pour aller à Phnom Penh...
Il y a pas mal de touristes à Siem Reap. Les night market sont une institution comme les marchands des temples: toujours les mêmes marchandises de modeste qualité, des gens qui s'ennuient derrière les montagnes de marchandise. Au moins ils ne sont pas trop insistants. Ca ne me donne pas envie d'acheter quoi que ce soit, mais je sais au moins ce qu'il y a à vendre. 
Je fais aussi le tour des restos, mais je n'ai pas grand faim. 
Le problème de l'hotel, c'est le manque de contact. Le personnel aimable fait son travail. Ils sont pléthore sur le même poste. Ils voient défiler bcp de monde, toute l'année grâce à Angkor. Et ils ne sont pas là pour papoter.
J'organise les jours à venir et je vais au musée national. Superbe et bien organisé. Un plaisir qui permet l'accès à ce que je verrai demain et suivants. 

20.06: superbe Angkor! Il est difficile de dire plus. J'ai parfois eu l'impression de me retrouver à Persepolis pour la qualité des sculptures murales, gigantesques et finissimes; pour la mise en scène de l'ensemble de grande échelle. J'avais un taxi tuk-tuk pour 2 jours, un billet d'entrée pour 3 jours. Tout pour pouvoir aller et venir plusieurs fois sur les sites. Le temps au beau fixe et chaud et quelques averses chaudes en soirée, mais pas de fraîcheur...
Autre chose qui m'a fait penser à l'Iran: je me trouvais à Siem Reap un WE. La grande occupation est de préparer le pique nique pour la journée du dimanche, je crois. Tout est prévu: la grande natte de bambou, les hamacs, le repas bien sûr. Seul manquait le samovar! Les pelouses autour des douves du temple regorgent de familles qui profitent de la journée. Ils sont parqués au droit des pelouses, mais ils n'ont pas les BBQ comme aux USA !

21.06: Phnom Penh. Au lieu de faire partie du trajet en bateau sur le lac Tonlé Sap comme je l'espérais, j'ai dû faire la totalité du voyage en voiture. (Le niveau des eaux était trop bas, les risques trop grands) Et quelle voiture! Le chauffeur, jeune, était sous l'emprise de je ne sais quoi! Un fou! C'était un minivan VIP, j'ai bien crû y laisser ma peau.  J' étais devant et j'avais derrière moi un couple chinois avec 2 enfants. Les parents étaient effrayés! Nous avons bouclé le parcours en 5 h au lieu de 6.30!
J'étais contente de descendre n'importe où et finalement je me suis retrouvée suffisamment proche de l'hôtel pour m'y rendre à pieds. Premier contact avec la capitale. 
Je ne suis pas restée très longtemps à Phnom Penh mais je suis allée au musée du génocide de Pol Pot, à nouveau une tranche d'histoire sordide et récente. On dit toujours "plus jamais ça",  mais pour moi, les faits résonnent comme "toujours plus"! Comment faire pour qu'il en soit autrement? Cet homme Pol Pot est venu se former en France notamment, comme d'autres tyrans sanguinaires africains.... Certes nous ne sommes pas les seuls concernés, mais en attendant, ces génocides se perpètrent et se perpétuent! 

Le peu de temps que j'ai passé au Cambodge m'a donné envie de revenir et d'en savoir plus...durant une autre saison! Une escapade possible depuis la Chine si besoin ou en attendant un nouveau visa comme j'ai fait en Mongolie avant de revenir en Russie.
Dans tous les cas, je suis contente aussi de revenir sur des terres plus familières et moins extrêmes d'une part et de retrouver des visages occidentaux et familiers aussi à San Francisco.




samedi 18 juin 2016

Fini Laos

17 juin: ouf je m'en vais! Encore une nuit passée avec des indésirables punaises de lit, minuscules, et donc pas de sommeil! Et pas envie de me regarder dormir pendant que ces bestioles se délectent de mon sang!

Mon bilan n'est pas très positif. C'est comme ça!
J'attends le vol pour Siem Reap, Cambodge. 


mercredi 15 juin 2016

Laos

Arrivée au Laos: 
23.05
Rencontré Pony, Taiwan. Il voyage pour 5 US $ / jour avec sa tente et il fait du stop.
Nous nous somnes rencontrés entre les 2 check points entre Thai et Laos. Bien sûr nous étions otages des tuk-tuk qui pratiquent des prix redhibitoires. Nous avons fait du stop, sans succès ce qui lui laissait présager du mal pour sa traversée du Laos...
Nous avons donc marché sous un soleil de plomb à 13h ...
Contact un peu dur pour commencer. Je vais finalement rester 2 nuits et changer mes plans: le bateau pour Luang Prabang est très inconfortable et pour touristes. Je pense faire moitié du parcours, prendre un bus, me promener là en bus et dormir simplement en homestay et arrivée tout au nord, descendre tout en bateau par étapes, vers Luang Prabang.

26.05 me voici en route désormais. Apprentissage du Laos. J'ai quitté ce groupe bruyant du bateau et me revoilà à dealer avec les locaux. Il me semble qu'ils sont beaucoup plus chinois qu'autre chose. 
Mais il y a , pour moi des trucs amusants: des croissants, plus chers qu'en France. Un "bureau de poste". Surtout de la montagne et des rivières. Du porc dès le matin en BBQ dans les rues. Et il fait bon, même si je suis dans les fumées de BBQ....
J'ai rencontré à Houay Xay une Hollandaise qui s'occupe de femmes en difficulté dans ces coins: battues, entre autres, violées, assez sordide. Je reste toujours étonnée, ici en milieu rural de voir ces violences. Cette hollandaise a une trentaine de personnes autour, y compris des enfants en bas age et des volontaires. Pas trop d'argent et elle remet, avec du temps ces femmes à flot pour démarrer une nouvelle vie, un petit commerce ou autre. Minimum 3 ans.... J'ai pensé 5 minutes rester et aider mais j'ai changé d'avis. Je me sens complètement décalée devant ces situations. Et surtout, cette attitude de soumission et acceptance me dépriment.

27.05: 
Pour l'instant, je ne suis pas très enchantée. Non seulement les plans ne marchent pas, ce qui n'est pas grave, mais les solutions de rechange sont aléatoires et je suis en train de baigner dedans. Je pensais descendre la rivière Nam Ou depuis Phongsaly, mais il y a un barrage qui a ennoyé la vallée....Je cherche donc à aller en aval du barrage. A suivre...
Finalement je suis les recommandations de l'office du tourisme d'OudomXai  Au lieu de monter vers Phongsaly au Nord, je vais traverser la montagne et la rivière en aval du barrage. La route est une "autoroute". Ca tranche avec ce que j'ai vu jusqu'à présent. Je pense qu'il y a des enjeux économiques: comme qui dirait un couloir pour les marchandises chinoises. Beaucoup de choses sont chinoises: tous les magasins, tous les hôtels, les restaurants. Pour les sourires il faudra repasser....Pour la route, aussi! Bonjour les travaux! Je ne donne pas cher des ouvrages: les pluies vont en avoir vite raison ainsi que des nouveaux villages-rue bâtis le long... A OudomXai j'ai trouvé un français prolixe de 53 ans, dentiste à Wallis... et un jeune belge Nicolas qui a travaillé 2 mois dans un orphelinat au Sri Lanka. Avec eux, j'ai fait une bonne rando autour d'OudomXai. Certes j'ai vu les 2 gars sympa de l'office de tourisme, sans cela je pense que je me serais bien ennuyée. Le leitmotiv du dentiste était: je ne dépense rien en voyageant, genre CC, avis aux personnes connaisseuses de CC! Donc il voyage en stop, cherche toujours qq'1 pour partager la chambre la moins chère et cherche toujours le plus gros plat nourrissant pour le meilleur prix, jusque là pas de pb je vais dire mais c'est le thème principal de bcp de voyageurs rencontrés et je trouve un peu pauvre. C'est comme un concours entre eux...
Je les ai laissés faire du stop pour leur prochaine étape, partis à 6h du mat. de l'hotel, ils faisaient tjs du stop à 9h lorsque j'ai pris mon bus. Il semblerait que ça ne marche pas trop dans le coin ce mode de transport. Il faut ajouter que les véhicules privés sont peu nombreux.
Je crois que mes espectations  de navigation fluviale sont un peu déçus: on ne descend pas la Nam Ou. Même chanson déjà entendue. Mais on peut remonter pendant 2 h environ, mais demain matin seulement. 
La descente peut se faire sur la moitié du chemin vers Louang Prabang puis il faut changer de moyen de transport, en voiture. Le tout, privé, à des prix rédhibitoires: 1000€. Inutile d'envisager de partager avec qq'1, il n'y a pas de client. Le coin est charmant, la rivière traverse des "défilés", un peu larges certes mais superbes, parfois des rapides aussi. J'ai ainsi passé une nuit en amont, j'aurais pu faire mieux ou plus long sur la rivière mais j'ai obéi aux suggestions de l'office de tourisme de OudomXai. Ils n'étaient pas vraiment documentés. C'est le problème récurent ici et souvent: tomber sur la bonne personne! Ce n'est pas un problème, j'ai fait autre chose, notamment marché dans les campagnes où les serpents étaient plus nombreux que je ne souhaitais...et gros mais pas des cobras non plus!
Le moment est venu de quitter ce lieux tranquilles et d'atteindre Luang Prabang, en bus. 

30.05. Luang Prabang. Ravissant. Entre le Mékong et un tributaire. On peut y musarder à souhait! Je ne me suis pas privée. 2 raisons à cela: les boutiques d'art de qualité se sont donné rendez-vous à LP et c'est un plaisir de voir de beaux ouvrages; ensuite, il y a plein de ruelles, en pente, propres, fleuries. Il y a un maître qui règne par là: l'UNESCO! Nous ne sommes pas en Asie pour quelques minutes!
J'ai vu du très bel artisanat, des boutiques de luxe inspirées par l'artisanat ou un relookage de l'artisanat réussit. Un superbe musée ethnologique, bien documenté et accessible à la compréhension, bavardages avec une ethnologue belge qui collationne l'art des tribus de montagne et tente de renouveller la musique, le tissage, la teinture non pas dans la façon de faire mais dans une utilisation permettant la vente des produits en tant que revenu pour les populations. Ces villages ont de la chance de l'avoir pour la découverte et la diffusion de leur production. J'ai passé des moments intéressants, riches en informations et en contacts humains. 
Mes balades le long du palais présidentiel transformé en musée, ou le long du Mékong, avec des stops dans des cafés en terrasse, ou dans de superbes temples ou des points de vue, tout ça a été très plaisant ; vu la taille de Luang Prabang, en 2 jours on a le temps de passer et repasser et de trouver le restaurant de ses fantasmes...
Il y avait des touristes certes, mais pas en grande quantité. De plus, j'ai trouvé qu'ils étaient genre bobo lorsque ils étaient français ou bien complètement opposé, jeunes hyppies tatooués, mais ceux ci ni dans les temples, ni restos.

 1 juin : route de Luang Prabang à Vang Vieng: une expérience qui illustre parfaitement les craintes que j'ai mentionnées sur la route d'Oudom Xai à Nong Khiang. Glissements de terrain, chutes de blocs de pierre, affaissement de chaussée comme un escalier...c'est assez horrible et pas nouveau. Les remèdes, il n'y en a pas sauf des panneaux indicateurs de réduire la vitesse.... La ville de Vang Vieng est un ramassis de tout ce qui est de plus affreux dans une ville: des couleurs criardes, du désordre partout. À ce sujet, je me rends compte que les asiatiques sont compulsifs avec leur rez de chaussée. Traditionnellement réservé aux animaux et outils fermiers ou artisanaux, c'est devenu "le bazaar". Les empilages montent au plafond, on achète toujours en grande quantité pour le magasin et chaque maison est un magasin! Lorsqu'on achète it est recommandé de vérifier les dates. C'est vrai partout en Asie.
Donc, toutes les portes sont ouvertes et la marchandise à la vue de chacun, et ça déborde sur le "trottoir" et la chaussée. Ça ne rend pas la marche à pieds facile car il faut regarder devant derrière et sur chaque côté voir d'ou vient le prochain obstacle.... Parfois lorsque je suis agacée de monter et descendre des " trottoirs" je cogne les voitures ou je marche délibérément au milieu de la rue bloquant la circulation...des tuk-tuk. Il y a peu de voitures, et celles qui roulent sont des pick up Toyota chers, ou de cette catégorie, Lexus...
De retour à Vang Vieng: tout autour les paysages sont magnifiques, en dehors de ça la ville tient du bouge crapuleux et sordide, au quartier qui affiche une réussite économique tapageuse, les gens sont assortis au contexte...
Je me suis trompée dans la désignation de l'hotel, ils sont tous Nan Song, du nom de la rivière qui traverse. Je n'ai pas pris en compte cette donnée et j'ai posé ma valise dans une erreur..sans conséquence mais dont le confort n'était pas à la hauteur de mes espérances. Mais j'avais une superbe vue et une moustiquaire!...je n'ai pas fait long feu ici. J'étais arrivée à pieds et je repars à pieds à la gare routière, c'est devenu une habitude dans la mesure où ce n'est pas à plus de 5 km. Ma valise roule parfaitement et je ne suis pas chargée. Ça fait partie de ma mise en condition quotidienne et ça me permet aussi de me faire une idée de la ville et de la vie locale.

2 juin : en route pour Vientiane dans un minivan VIP. Sans problème et même bien. Arrivée à Vientiane sous la chaleur je me suis fait déposer devant l'hôtel présumé....déménagé! Finalement comme je fais dans ces cas là: je me pose, commande un café et ici, il y avait des croissants en plus! et je cherche sur internet une autre solution. Je  repose mes esprits et repars lorsque le marc est déposé au fond. Et ça marche. Combien de fois ça m'est arrivé! Ne pas se laisser déborder....par la mauvaise humeur!
Je trouve une pointure convenable pour une nuit et je trouve aussi, la porte à côté, pour les nuits suivantes. Le plus "intéressant" à Vientiane, ce sont les terrasses de café, les restaurants. Le centre n'est que ça. La ville compte 1 M d'hts, et ne ressemble pas à la ville asiatique type de grosse densité, sale et haute. Il faut dire que c'est une ville récente sur le plan démographique. Début du XX eme s. Il n'y avait pas 10 000 hts. Jusque là toujours prise en sandwich entre les pays voisins et au milieu des conflits. Il s'en suit qu'il y a peu de sites à visiter et ils sont liés au bouddhisme. La ville est est le long du Mékong mais à 500 m au moins. Il n'y a pas de "communion" vraiment et pas d'aménagement non plus. C'est aussi une frontière.
J'ai fait la connaissance inattendue, dans mon hotel confortable, avec les "bed bugs" asiatiques. Ni plus ni moins agressifs que leurs congénères sur d'autres continents mais aussi indésirables...je ne m'étendrai pas, mais c'en est fini des nuits paisibles pour quelque temps, celui d'effacer les morsures brûlantes.. Du coup, je pars de bonne heure car mes voisines de nuit à l'hotel ont ajouté une couche à l'insomnie!
J'avais arpenté la ville centrale dans tous les sens; toujours dans les 8 à 10 km par jour en privilégiant la marche pour aller sur les sites et en partant de bonne heure la matin.

6 juin: je suis toujours le long du Mékong, plus près, à Thakhek à 330 km au sud. J'ai passé la nuit dans une ancienne maison de commerce transformée en hôtel et charmante. 
Je fais la découverte, tout à fait par hasard, grâce à mon nez, du commerce des animaux. Les chiens sont top one sur l'échelle! Les Vietnamiens en raffolent, de même les chinois et les coréens paraît il! 
Je m'étais étonnée, en Thailande de trouver bcp de chiens et chats, dans des états pitoyables avec des problèmes de peau ou  d'yeux, rendant tout contact avec eux impossible. Avec Sachiko, hypersensitive en matière d'animaux, nous regardions si ils étaient nourris, ce qui est le cas dans les temples et si ils étaient castrés. Notre recherche s'est arrêtée là... Cet après midi, en me promenant autour de la ville, le long du Mékong, j'ai été asphyxiée par une odeur de charogne prégnante. Rien de spécial dans le secteur qui puisse justifier cette odeur. En posant des questions par geste, en me pinçant le nez , j'ai compris qu'il s'agissait de chien mais je ne voyais pas en quoi le dit chien pouvait générer tant de désordre olfactif. Puis je suis tombée sur un gars qui visiblement n'avait pas l'intention de s'étendre sur le sujet et finalement j'ai découvert que nous étions sur la trajectoire privilégiée par les trafiquants de chiens qui partent alimenter notamment les vietnamiens et les marchés de nuit chinois ou d'ailleurs....avis aux amateurs! 
Donc l'endroit, au bord du Mékong, le long duquel je me promenais était un des points de rupture de charge pour les camions venant de Thailande avec leur chargement de chiens normalement vivants mais qui parfois ne survivent pas aux conditions du "voyage". Les cages sont vidées là sans autre forme de procès. Le business a lieu de nuit avec la complicité de tout le monde et bcp de bakshih.......pour les politiciens entre autres. Le trafic est connu et reconnu et continue. La boucle est bouclée pour les chiens des temples thai. Et moi qui croyais que en tant que créatures de Bouddha leur vie était soulagée et protégée...il semble par ailleurs que dans le plateau est-oriental du Khorat, Thailande, les moines se livrent au commerce de peau de grands chats ( tigres)...
Ceci dit, mon tour était fini a Thakhek et je pars sur Savannakhet demain matin, 3 h de route seulement. 
Il pleut tous les jours un peu le matin, ça fait tomber la poussière au moins mais on perd la propreté des pieds...
La ville est petite, pas grand chose à voir sauf à flâner le long du Mékong ce qui est très agréable. Ici aussi, des tables en terrasse le long du fleuve, en surplomb. J'imagine que quand vient le temps de la mousson il ne doit pas faire bon tomber à l'eau! Malheureusement, le fleuve n'est pas navigué: pas d'option de rejoindre Savannakhet en bateau! On y pêche, voilà tout et ça donne de simples et jolies photos! Les femmes pêchent avec de gracieux filets cloche!
Décidément, les guichetiers sont ici aussi, paresseux, grincheux, voire plus! Il paraît que la population urbaine en Laos est à 85 % vietnamienne...merci à la France qui aurait semble-t- il vivement encouragé cette vague d'immigration pour différentes raisons: d'abord le peu de présence humaine locale. Mais il faut dire en contre partie, que vue la topographie, le sol ne peut pas nourrir grand monde. Il y a peu de zones cultivables et phénomène aggravant depuis la guerre, une bonne partie est minée...! Pas surprenant donc. A voir si dans le sud c'est plus peuplé...
Aucune surprise à Savannakhet. Ma halte est sanitaire. Il fait seulement 30° et il pleut par intermitence.

8 juin: destination Paksé qui va me servir de base pour visiter le sud du Laos. J'y retrouve une néerlandaise déjà rencontrée à Muang Ngoy. Parfois on croise des gens et recroise quelques mille km plus loin!

9 juin: je vais sur le plateau des Bolaven. Réputé pour son café, le meilleur du monde bien sûr. J'ai déjà donné en Jamaïque. Le café des Blue Mountains, surtout le plus cher du monde!
A part cela, superbe! De très belles couleurs, des gens plutôt agriculteurs bosseurs. Le plateau est riche en diversité, de nombreuses rivières le parcourent, en cascades, dans des décors splendides. J'ai fait bcp de marche ces jours là, les moyens de transport étant plutôt limités. Une fois arrivée sur le site, il reste les jambes et le stop qui répond peu d'où de longues marches! 
Sauf la chaleur, toujours supérieure à 30°, cela aurait été parfait.
Dormi au nord du plateau finalement car j'ai trouvé du transport, sous des formes multiples: du stop avec un gars travaillant à préserver pour les poissons le moyen de remonter les rivières, puis un tuk-tuk, puis une carriole de citrouilles, puis un side car pour me laisser à l'ultime destination de la journée, au bord de la rivière à Tat Lo. Un hébergement simple mais bien placé le long de l'eau: les buffles et les enfants comme baigneurs!
Le lendemain, le bus après une heure de stop inneficace, pour gagner un village de tisserands. Tissage spécifique des populations Katu observé à Luang Prabang dans le musée ethnologique. Excellente journée encore le long des chemins de latérite, de caféiers, dans un hébergement encore plus sommaire mais superbement agencé. Tout en bois. Un jeune couple propriétaire de fruitiers, caféiers, et de ce homestay, dont l'épouse et les deux filles tissent. Des ananas comme je n'en avais jamais mangés: verts et suprêmement sucrés! Des durians auxquels j'ai goûté pour la première fois: consistance comme du beurre, terriblement parfumé, saveur doucereuse qui ne m'a pas convaincue.

11.06: il est temps de partir vers le sud, Si Phan Don, les 4000 îles! En route un arrêt à Champasak pour me mettre en bouche ou me préparer à Angkor. 
Non pas que le tableau change, mais les gens sont bcp plus nonchalants: un peu comme le Mekong: l'eau, comme le temps, passe. Ainsi sont les gens, peu diligents mais sachant compter à leur avantage. Tout est sujet à caution depuis les transports jusqu'aux adresses ou les info recueillies pour aller plus loin. Mais tout le monde passe son temps au téléphone....
Une nouvelle fois de la marche inattendue. Puis la traversée du Mékong avec la sensation que les gens attendent que quelqu'un arrive pour payer leur transport. J'ai donc payé pour 4 personnes, on appelle ça le prix fort. Une fois à terre, de l'autre côté, je n'étais pas à l'endroit supposé non plus...Heureusement le GPS est un bon support des erreurs d'aiguillage. Je ne suis pas chargée et je prends ces contre temps comme un exercice nécessaire...! Pourquoi pas?
Je trouve un hébergement commode, simple et confortable; puis je trouve un moyen rapide d'aller le jour même sur le site du Wat Phu, le site archéologique le plus fameux du Laos: en moto avec le gars de l'office du tourisme. Que pouvais-je espérer de mieux? Finalement j'ai eu droit également à la découverte des instruments de musique locaux, et riche d'un ananas de reste des Bolaven, je l'ai partagé avec le gars de l'office de tourisme après un diner sommaire. 
Curieux gars de 30 ans, qui a fait, dans l'ordre, 6 ans chez les moines pour avoir une éducation; moyennant le nettoyage du monastère, il avait le gîte et le couvert...puis une école secondaire pendant 4 ans, puis un blanc, puis depuis 3 ans il "tient" l'office de tourisme de Champasak, gratuitement, logé sur place. Il lui reste encore 2 ans pour être accepté comme salarié à la condition que personne n'arrive avec un backchich, pour prendre le poste...le salaire sera d'environ 150 US $. Son rôle à l'office du tourisme n'est pas décrit. Il est là, dans la bàtiment. Lors de la saison touristique, il renseigne et essaie de vendre ses services pour se faire un peu d'argent. Rien d'officiel. En saison basse, idem, avec plus de succès car les clients sont plus isolés et plus faciles à piéger, exemple moi même. Le tout a des saveurs ennuyeuses! Mais on va dire que ce n'est que de l'argent et ça ne va pas chercher bien loin. Tout est ainsi, ce n'est pas très plaisant. Cela ne m'empêche pas d'avancer.
Le lendemain, j'ai loué une bicyclette et pris mon temps pour tourner autour et le long du Mékong. J'ai acheté un billet de bus pour me rendre sur les îles du sud, au visitor center, 20% plus cher que dans les guesthouses...

13.06: me voici près de la frontière cambodgienne et sur cette zone de méandres et  d'étalement du Mékong. Un ensemble d'îles, des bancs de sable, parfois bien au dessus de la rivière, parfois à fleur de l'eau et qui sont entièrement recouvertes lors de la saison des pluies. Je suis à Don Set. La vie y est plus que relax. Les gens semblent vivre au jour le jour. Il y a bien des rizières mais ne semblent pas être travaillées. Rares sont celles qui ont été préparées pour les pluies....les ressources sont assez maigres me semble-il à part à part la pêche et le tourisme. Je ne sais pas comment c'est en haute saison : partout ce sont des guesthouses, de qualité plus que modeste à tous les points de vue. Toutes les maisons sont épicerie-restaurant-café-bar-agence de voyage et questhouse. Parfois agent de change en sus et visitor center!
Les info sont à la hauteur de la qualité: niveau médiocre. Mais sur 50 points de vente, aucun n'a le même prix ou le même parcours! Rentrer pour des explications relève d'un parcours de patience que je n'ai pas pu parfaire sans me fâcher intérieurement et j'ai renoncé. Mon but est de remonter tranquillement à Paksé avec un dernier stop sur une ile plus grande, de préférence en bateau. Je verrai en prenant le ferry demain, quelles seront les infos que je pourrai recueillir...
J'ai parcouru ces deux îles de Don Set et Don Khone. En marchant. Et ça vaut le temps passé pour les paysages le long des bras du Mékong, la tranquillité. 
En ce qui concerne la cuisine, ce n'est pas trop brillant et il vaut mieux ne pas aller regarder ce qui s'y passe. Ce n'est pas terrible. 
Dans la guershouse où je me trouvais, l'homme pêchait la nuit. Le matin, les poissons, gros et petits, pour la consommation familiale et des clients, sont jetés dur le sol, devant la maison. Les animaux (chiens/ chats mouches au moins) vont reluquer quel morceau ils pourraient bien chaparder. La maîtresse de maison de livre au vidage dans la maison et les remet par terre en attendant de les mettre dans de grands sacs plastic tissés et hop dans des glacières, sac, terre tout y va...sauf les chats et chiens.
La cuisine est à même le sol aussi. J'ai eu le malheur d'aller y faire un tour car je suivais bêtement mn interlocutrice. Un: je n'ai pas acheté lesingrédients pour qu'elle me fasse une soupe; deux: le le demain, je n'ai pas pu avaler les oeufs frits éclatés....Ma seule demande s'étant bornée à de l'eau chaude pour faire mon thé avec de l'eau embouteillée. Pour l'eau, c'est la seule option partout en Thailande, Myanmar ou Laos. Pour la cuisine, tout ce que j'ai vu au Laos en hébergement simple ou un peu plus haut de gamme était comparable: extrêmement modeste sur le plan sanitaire. Mon appétit s'en est trouvé réduit d'autant....

15.05: je suis sur l'île la plus grande au milieu du Mékong, à part cela c'est un trou du....Je m'enquiers pour demain matin ou après midi afin de regagner Paksé. Pas de pb. sauf qu'après ma balade dans l'île, je cherche concrètement l'appontement du ferry. Il n'y en a pas, il faut aller prés du pont sur lequel je suis passée à midi, à plusieurs km. Je suis au fond du sac si on peut dire. Comme d'hab. les infos sont contradictoires, comme les horaires, comme les prix. Je ne suis pas particulièrement ravie, ces joirs ci ça arrive un peu souvent à mon goût.
Les habitants de l'île ont des guesthouses vides, ouvertes au client qui ne vient pas, ils ne font rien de la journée. Les femmes s'agitent un peu plus mais tout aussi inefficaces. Je suis vraiment fatiguée. J'achète des noodles précuites car je ne peux plus sentir leur cuisine, à part si ils ont des légumes cuits vapeur. Et ici, je ne vais pas m'amuser à demander ou faire le nez sur leurs propositions, je m'abstiens donc.  Demain sera un autre jour, avec ou sans....

dimanche 22 mai 2016

Mandalay aux Etats Rakkine et Chin en passant par Naw Pyi Taw

 30.04 C'est samedi, je rentre à Mandalay et je commence la journée par le chemin des écoliers. Je me suis trompée de route en rêvassant. Il n'est pas loin de 9h lorsque j'atteins la route principale pour prendre le bus. 1h30 de tuc tuc ouvert pour 60 km. C'est une autoroute birmane. Pour les voitures, chacun sa route pour monter ou descendre. Le gars conduit vite. Assise sur le dernier strapontin du pick up j'ai l'avantage d'avoir de l'air et l'inconvénient d'être assise sur les ridelles... Je vais à pieds à l'hotel histoire de me dégourdir les jambes. La chaleur est accablante. Et c'est tout ce que je fais de la journée....J'achète, à l'hotel, le billet de bus pour le lendemain,, je me douche, m'étends avec la clim. 

1.05 pas de célébration ici. Je me suis arrêtée à Naw Pyi Taw. La capitale de Myanmar depuis 2005. Un espace assez étrange. Aucun bruit pour plusieurs raisons: peut être n'y a-t-il personne? Il n'y a pas de voiture ni de mobylette, de plus, l'espace entre les bâtiments garantit le secret... Inimaginable. Tout ce qui s'appelle internet était HS pour raison.. de typhon..????je ne saurai jamais et je ne pouvais pas payer l'hotel jusqu'au moment où j'ai pensé à payer en euros. C'est tout ce que j'avais! Je suis partie aussitôt de ce monstre vide pour Yangon où m'attendaient d'autres surprises. 
J'étais supposée avoir un bus de nuit pour Sitwee avec 11 h de route... Que neni.
J'ai bien cru disjoncter! Je me suis fait expliquer les options disponibles et je me suis dirigée vers l'hôtel bien confortable pour reprendre des forces, et des idées pour la suite.
Le temps de mettre en place un parcours sur mesure pour aller à l'ouest de Myanmar. C'est ce que j'ai appelé ma Rolls Royce, investissement élevé pour un rapport qualité/ prix défavorable. Cela m'a donné l'occasion de me laisser faire pendant 5 jours et tout arrivait tout prêt sauf le nécéssaire...rigolo.
5.05.2016: vol pour Sittwe. 2h avec 2 décollages, 2 atterrissages.  En arrivant, le ciel est très bas, bien noir et je pars en bateau...je n'ai rien amené en prévision de la pluie. Nous arrivons à la "jetée", marée basse et j'embarque sur mon rafiot pour revenir "à quai" quelques minutes plus tard car il semble que la météo ne soit pas encourageante. Changement de plans. Le taxi va m'amener à Mrauk U. ( miaou) Trois heures 30 de route au lieu de 6 en bateau. Finalement en route, je n'ai rien vu du typhon, le soleil brillait, nous avons longé le fleuve tout du long, l'avons traversé etc..
Arrivée tôt, j'ai dégourdi mes pattes en commençant à arpenter "la ville". Ce fut une capitale aussi, du 15° au 18°s. 
En dehors d'un dénuement plus grand, pas d'éclairage dans la ville, rues en terre,  etc,  je n'ai rien vu de bien différent avec le reste de Myanmar.
Il y a de quoi se promener et c'est plaisant. Les "temples" sont à une distance telle que l'on peut en voir un bon nombre. D'autant que pour moi je me contente des extérieurs...Leur construction diffère en ce sens que la pierre est utilisée, davantage que la brique, la couleur est donc différente, les sculptures ont aussi une vie plus longue que dans le stuc.. Les mises en scène sont comme toujours sur un promontoire si possible et pour la première fois je vois des temples de forme massive et rectangulaire qui me font penser à des temples sud américains par exemple, à des forteresses.
J'ai prévu de voir des femmes tatouées dans l'état de Chin, voisin, et je passe une journée dans plusieurs villages. Mais comme pour les femmes au long cous, ça manque un peu de naturel. En revanche, les ballades en barque, le long des rivières sont délicieuses: très vivantes, tout se fait par la rivière, comme un cordon ombilical. Les populations vivent chichement mais personne ne meurt de faim, c'est propre partout, le balayage est l'occupation n°1, celui des feuilles et de la poussière; autant dire qu'il y a là une source d'emploi assuré pour la vie...le seul handicap à mon point de vue est que, le résidu, quel qu'il soit, est balancé un peu plus loin....c'est vrai partout!

Je me suis un peu agacée avec ma Rolls Royce. Pour un peu j'avais le taxi pour me faire traverser la rue! Mais le chauffeur de taxi m'a perdue au travers de ma promenade autour des pagodes....seule touriste, un peu dur! Donc je leur ai dit que je n'avais pas besoin de leurs services, mais c'est dur de faire comprendre. Ici à Sittwe, même chanson, pas besoin de nounou! C'est la dernière fois que je m'en remets à une agence! 
J'ai quitté Mrauk U avec un jour d'avance pour pouvoir visiter Sittwe, sur le golfe du Bengale. 6 h de petit bateau, seule passagère et à nouveau, descente sur le fleuve. La marée remonte très profondément à l'intérieur des terres. C'est un peu amphibie. 
Comme c'est un mélange eau douce/ eau salée, il y a peu de culture de riz, dans les parties basses tout au moins, mais j'ai vu pas mal de palmiers qui ont l'air de se plaire dans ces eaux. Et de la pêche. On est dans un secteur très concerné par les moussons, excellente source d'eau douce mais aussi terriblement dévastatrice. Surtout dans la partie amont: avec les collines pelées ou monts chauves, le niveau des rivières monte vertigineusement de 3/4 m et emporte tout si on n'a pas vu venir la tempête. Sinon, les gens se réfugient sur les collines autour pendant la durée de la furie! ...Tout est précaire ici.
Sittwe a peu d'attrait. Le plus terrible marché que j'aie jamais vu! Tout y est dans le décors: les odeurs, les couleurs, les musiques. J'ai pris sur moi pour aller au bout, mais je ne suis pas prête à me mettre à table non plus pour quelques heures! Compte tenu de la chaleur, je suis retournée à l'hotel. 
Un peu plus tard, la brise s'étant levée, je suis allée lire face au Golfe du Bengale. La marée était basse, les oiseaux venaient chercher les vers... J'ai fait une petite salade de tomates à l'hôtel et des infusions pour compenser la transpiration...demain 10 mai, retour sur Yangon, prendre mes commandes.

11 .05. Bus pour Inle lake. Destination touristique en Myanmar s'il en est. C'est l'est du pays. J'en attend un peu de fraîcheur! Je vais être déçue! Comme d'ab. sur ce dernier point. Mais j'aurai d'autres satisfactions.


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