jeudi 28 septembre 2017

2017.09.13 Inde Laddakh

13 septembre: Leh
La journée a commencé de bonne heure et sur des bases tronquées. Le village d'Alchi étant à 4 km de la route, je pensais devoir marcher pour la rejoindre. Bonne surprise: un bus part d'Alchi tous les matins à 8 h , à 100m de la porte de l'hotel. Sauf que après avoir recoupé les infos, le départ était à 7:30 même endroit. J'y étais et pas de bus.....pas plus à 7:30 qu'à 8:00 ni plus tard. J'ai traversé le village jusqu'à l'entrée, trouvé u e locale qui attendait aussi et je me suis jointe à elle. Undes ses copains est passé,en voiture, qui nous a amenées sur la grand route et jusqu'au premier village en direction de Leh. J'étais là aussi à un arrêt d'autobus. Ne voyant rien venir, j'ai posé des questions et un bus passe tous les jours entre 10:00 et 10:30. Donc j'ai attendu et à 10:00 j'ai vu un bus, qui s'est arrêté et dans lequel je suis montée pour m'appercevoir que c'était un bus militaire à moitié plein et le chauffeur m'a fait signe d'avancer et de m'assoir. J'ai obéi. Il m'a amenée à destination. 
Il se trouve que le bus était presque exclusivement rempli de Sikhs et nous nous nous sommes arrêtés dans LE Lourdes des Sikhs:  Charol Kara, le Waheguru! Arrêt, lavement des pieds, tout le monde se couvre la tête, on fait le tour de la salle sainte et on finit dans la salle des offrandes délivrées par les Sikhs à chaque personne présente: ça peut être un repas, ça peut être un petit dej., une tasse de thé. Les Sikhs sont réputés pour leur générosité et leur cohésion. Ils ont une fête spécifique, "brother's hood" pour leur rappeler le besoin de cette cohésion entre Sikhs. Ils ont parfois été la cible du gouvernement sous Indira Gandhi par exemple.
Arrivée à Leh: c'est une ville importante; 70% des maisons sont des guesthouses et magasins. Sinon ce sont des agences de voyage. Probablement 80% de çes agences attendent le client. Seuls les conducteurs de taxis, individuels ou partagés, les conducteurs de bus privés ou du gouvernement sont organisés en genre de corporation avec un bureau pour chaque. Le reste, c'est du grand n'importe quoi. Et il y a environ 1 ou 2%  des agences qui sont des pros, travaillent, organisent et dans quelconque secteur. Le problème c'est où et comment les découvrir. Ceci dit, il vaut mieux créer un groupe de personnes intéressées par la même chose et traiter directement avec les taxis. Au premier abord c'est plutôt déprimant et inefficace. 
Il y a même à Leh, 2 rues piétonnes. Peut être les 2 seules en Inde, qui sait? Tout est commerce. J'ai rencontré un anglaise dont la spécialité est la rénovation et conservation des piéces d'art, qui à ce titre est en Inde, autour de Leh, pour la troisième fois et travaille sur des projets de conservation de peintures murales, elle termine ses études cette année et elle me disait que de 3 ans en 3 ans, la ville double en superficie. Nous étions dans la même guesthouse qui était une ferme il y a 3 ans. La propriétaire me confirmait que le jardin avait rétréci de plus de la moitié pour construire plus grand. Son mari est un scientifique, spécialisé dans l'astronomie et travaille dans le seul observatoire du Laddakh et partage son temps avec le laboratoire de Bombay. Ils sont aisés et éduqués. Je suis restée chez eux chaque fois que je revenais d'une excursion seule ou en groupe. Jardin fleuri, terrasse, eau chaude pour soupe, douche, lessive et des personnes aimables et sans folklore faux.

Tout autour, des vallées, des rivières, des cols en hautes altitudes et tout s'est bien passé grâce à une préparation méthodique qui a porté ses fruits. J'ai tout supporté sans être malade mais en étant fatiguée quand même. Je pensais avoir beaucoup plus froid. Tout les cols ferment vers la fin du mois de septembre et les touristes se font plus rares car le seul accès reste l'avion. Je prends demain le bus du gouvernement.... vers Manali, lieux fréquentés par nos chers Beatles et par les addicts à la "chara" autrement dit la marijuana. Je n'en fais pas encore partie et je doute fort faire partie un jour. Il y a environ 14 h de bus pour la première étape de 360 km, il me restera 110km pour atteindre Manali en ...4 h peut être. Au total, 4 cols à plus de 5000m. Cette année, j'aurai battu mes records d'altitude, sans problème, car mes scores étaient très bas!

2017.08.29 Inde Kashmir

29.08.2017 arrivée à New Delhi. J'ai réservé un hôtel classique, 3 stars et non pas hostel genre backpacker. Je ne sais pas trop ce que je vais trouver. Les notes sont excellentes mais je ne connais pas les paramètres constituants... parfois on tombe de haut!
L'avion avait une heure de retard au décollage et la même heure à l'arrivée, p,us le e-visa à l'immigration, plus les bagages, environ 2:30 h entre l'heure prévue et la sortie de l'aéroport. J'ai été mise en garde par l'hôtel au sujet du pick up à l'aéroport : la plus extrême prudence avec plusieurs codes secrets avant de monter dans LE taxi...ce qui fait monter la tension et la méfiance, pas trop bon pour le démarrage.
Tout se passe très bien, je suis dans une voiture standard et nous traversons tout New Delhi, la ville coloniale où abondent parc et jardins, musées, belles maisons, et tout ce qu'il y a de notable. Puis nous arrivons dans le Old Delhi, gare et tout ce qui n'est pas ci-dessus désigné. La musique n'est plus la même! Non seulement ça, mais un peu étrangement, c'est là que se concentrent, à part à l'aéroport, les hôtels. Je suis dans un 3 étoiles, l'accès à travers des venelles horribles m'a fait peur et finalement, hors l'accès, l'hôtel est très propre, silencieux et j'ai une fenêtre... Un peu comme en arrivant à Hanoï: tout est beau sauf les chambres noires ou qui donnent sur la cage d'escalier, bruyante, noire....
Le temps de m'accoutumer aux lieux, odeurs ( puanteurs) de la rue, documenter l'ambassade pour un nouveau passeport que j'aurai fin septembre et me voilà libre pour visiter. La ville s'étale à l'infini, 30 millions d'habitants....la température est de 30°C, plus l'humidité ambiante, plus les rickshaw, tuk-tuk pressants pour que l'on utilise leurs services, plus regarder où on met les pieds et on est  dedans! On peut marcher sur des km et voir un musée humain tout le long: quartier des rails d'aluminium, celui des tuyaux, celui des films plastique, tout. Mais pour acheter un pantalon de coton léger et une écharpe longue, il faut aller au bazaar; le bazaar, c'est Marrakech, seulement y rentrer me donne l'envie de sortir immanquablement car les vendeurs sont comme les mouches.....
Je ne suis pas fana de shopping, il s'en faut et en3 jours à Delhi, je ne suis pas arrivée à acheter ce dont j'avais besoin: le châle et le pantalon! Ensuite, la pluie s'est alliée aux vendeurs en ce sens que pour éviter d'être éclaboussée de m.....  manoeuvre impossible, à un moment ou l'autre, soit on dérape sur un pied soit un rickshaw passe avec son chargement et nous gicle le liquide sur les jambes si on a de la chance, soit au visage si on a le mauvais oeil dessus....Reste à retourner à l'hôtel pour se laver et ne plus sortir. Après la pluie, reste la m....boueuse! Même combat!
Avant l'épisode de pluie j'ai eu 1.5 jours de secs! Heureusement, j'ai pu marcher et j'ai découvert la ville anglaise, parcs, fleurs, larges avenues, emplacements célèbres ( là où Gandhi a été assassiné, incinéré; la où vivait Indira Gandhi, son père, où elle a été assassinée etc....On parcourt ainsi de longues distances. Puis j'ai arpenté le Vieux Delhi, fin du Moyen âge, avec détermination...c'était sinon facile du moins très intéressant. J'ai trouvé bcp de liens avec l'Iran et avec l'Orient Islamique dans une grande finesse et harmonie de formes, élégance. Les forts des 15 et 16°s. sont toujours debout et donnent une idée de la splendeur que c'était! Ils sont en grès rouge, mêlé à la verdure, c'est très agréable. Les accès sont inévitablement au travers de la confusion, la saleté et les odeurs puissantes d'urine...à vomir.
Que faire? Je suis comme ça, je ne sais pas éviter, passer au dessus. Je suis dedans.
C'est dans ces conditions que j'ai été attrapée par la pluie  torrentielle... abritée sous le pont de la voie ferrée, je n'étais pas la seule: rickshaws, tuk-tuk, voitures, piétons, motos, chiens, vaches, tout ce petit mo nde était abrité là dans un grand concert de klaxons car c'était aussi une voie "rapide" de circulation automobile. Tout le monde s'en fichait à l'exception des ...conducteurs.
C'es là que j'ai pris le premier bain de pieds car, sans exutoire, le niveau de l'eau montait dans notre "abri". L'horreur.
Arrivée à l'hôtel, j'ai mis pieds et chaussures à tremper pendant une demi heure et j'ai fini avec un spray d'eau oxygénée.....je ne savais pas quoi faire pour me sentir propre....et je ne suis pas ressortie de l'hôtel. 
Manger n'a pas été mince affaire non plus: le temps de connaître les noms de base des plats, les différents thés; un dîner par jour et seule n'offre pas une large palette rapidement. Je n'ai pas trouvé bcp de voyageurs dans les parages et si oui, ils mangeaient dans la rue...les pieds dans....
Il me faut un peu plus de temps pour être à l'aise!
Ma candidature pour les cours de méditation ne peut pas être retenue, à la date dite, c'est plein. Heureusement que je suis prévenue rapidement car je vais aller tout de suite au Laddak avant la neige et le froid. Je pars pour Srinagar d'abord avec un stop à 1500 m d'alt. 2 à 3 nuits et ainsi de suite à peu près tous les 1000 m d'élévation jusqu'à 4000m.

2 septembre:  Vol vers Srinagar, capitale de l'état Jammu/Kashmir. Contigu au Pakistan et au Tibet. Réputé être l'un des derniers bastions originel des Tibétains hors du Tibet actuel dans sa partie du Zanskar et Laddak
L'état est composé de musulmans (sunnites, chiites, Ismailis) et hindous. Parfois sous tension ethnique ou politique.... Dans l'avion, ma voisine me dit qu'aujourd'hui est un jour très important pour les musulmans: chacun tue 1/2 ou 3 mouton ou chèvre pour régaler ses familiers et amis en souvenance d'Abraham prêt à sacrifier son fils aux Dieux...
En effet, j'ai bien aperçu des têtes de bestioles ( comme en Bolivie pour le Carnaval....), des appareils digestifs complets flottants dans le Lac Dal, très instructif pour un cours de sciences nat. et pour suivre la décomposition des chairs en milieu aquatique etc.. et aussi des gondoles avec des hommes qui livraient leurs offrandes à la parentèle et aux amis: un morceau de viande crue, sur un plateau recouvert d'un tissu ou d'un chiffon, parfois dans un panier. La cérémonie est rapide, et c'est un échange de bons procédé car en retour, il part avec un morceau de viande.
Durant les 2 jours suivants, le cérémonial se poursuit jusqu'à épuisement des ressources ou des récipiendaires...
J'observais le tout depuis mon bateau, dont le propriétaire recevait et donnait. Le lendemain, je l'observais en ville en me promenant. Il y avait une importante présence militaire, partout. Mais je ne la trouvais pas invasive comme en Chine où il y avait de nombreux check points. Considérant les frottements entre Inde et Pakistan dans cette zone là, ça me paraissait acceptable. En revanche, la présence militaire est répandue jusqu'au Laddack où je me trouve aujourd'hui, à Alchi à 380 km de Srinagar... Il y a d'importantes bases militaires au moins tout le long de cette seule route de Srinagar à Leh; elle est en parfait état si je la compare à ce que j'ai connu au Tajikistan, où il y avait seulement des pistes en piteux état très souvent.
J'avais une demi pension prévue sur le bateau, pas besoin de sortir pour déjeuner ou pour dîner et la cuisine était acceptable bien que répétitive avec des nuances dans le curry lequel était toujours gras. En revanche, pas besoin de se casser la tête pour chercher...
J'ai rencontré là 2 Canadiens charmants, David et Loic, musicien pianiste professionnel et informaticien. Ils avaient acheté des packages depuis Montréal, tout organisé sans savoir précisément ce qu'ils faisaient mais bien bouclé. Par exemple, ils allaient à ma prochaine étape, sans le savoir et bien que je sois dûment invitée à les joindre, le manager du bateau s'y opposait formellement. Bien sûr les tours comprennent les arrêts dans des boutiques sélectionnées où il est difficile de refuser d'acheter; tant et si bien qu'ils ont annulé leur 3 eme jour de tour. Cependant, c'était sympa de se retrouver le soir et au petit déjeuner autour d'un repas. Puis chacun partait à ses occupations. Cela m'a permis de visiter la ville de Srinagar. Elle a dû connaître des beaux jours. Il y a toujours de beaux restes ou des restes de quelque chose de beau et harmonieux. C'était très plaisant.

Sonamarg était mon étape suivante afin de monter tranquillement en altitude. C'est tombé être le jour de grève des transports publics: le gouvernement indien veut retirer au syndicat des conducteurs de bus le parking dont ils jouissent. Ils ne sont pas d'accord. Arrivée à cet endroit, parmi tant d'autres, après avoir essayé de comprendre comment ça fonctionne, j'ai été un peu refroidie par les circonstances. En effet, je ne savais rien de la grève. J'ai trouvé un jeune qui m'a amenée vers une jeep qui allait à Sonamarg. Quelle chance! Il n'a rien accepté de ma part. Et je suis arrivée à Sonamarg sans encombres ainsi qu'au glacier. La spécificité du contact avec un Indien est qu'il veut tout arranger pour vous. Ainsi vous connaissez l'addition sans connaitre le contenu. Nous appelons cela "un chat dans un sac". C'est très difficile de sortir de ces griffes et ils se sentent offensés si l'on essaie de se soustraire. Mais si on négocie seul, ça peut être pire. Mais je préfère la seconde option.
C'est ainsi que je me suis retrouvée un peu embarrassée à Srinagar pour partir à Sonamarg et en arrivant à Sonamarg: je demandais la direction pour aller à l'endroit que j'avais sélectionné. Bien sûr, selon la personne interrogée, il était fermé et hors de la ville; je connaissais ce dernier point et finalement j'ai privilégié un départ plus  facile le jour suivant et je suis restée dans cet hôtel en question, au centre. Seule cliente. Un problème pour avoir de l'eau chaude pour du thé: selon le prix , on peut prétendre à une bouilloire..ce n'était pas le cas...et la livraison du courant laissait à désirer en plus....
J'ai expérimenté que si je demande de l'eau chaude pour du thé, j'ai l'eau du robinet bouillie et qui a un goût amer; le thé est donc bizarre... je préfère avoir une bouilloire, j'achète l'eau et je la chauffe ou la fais bouillir. Petits désagréments qui m'obligent parfois à boire du thé au lait très parfumé á la cardamome et surtout très sucré. Quant au café, il vaut mieux l'oublier. C'est un Nescafé atroce.
J'ai fait de belles ballades vers le glacier et ses doigts suspendus au dessus de Sonamarg. Les locaux étaient vraiment pressants pour que je monte sur un de leurs chevaux que je jugeais en piètre état et je n'aurais pas aimé monter l'un d'entre eux.

Kargil  Je n'ai eu aucun problème pour trouver un "lift" vers Kargil. Taxi partagé qui arrivait de Srinagar et incomplet. Ravi de me prendre en charge. Certes il y a des bus, mais les personnes de l'hôtel n'étaient pas très coopérantes pour me donner les informations. Tout ce qui est "Centre d'info. touristiques" est une agence de voyage. A ce titre, les infos ne sont délivrées que dans le cas d'un achat, et encore, c'est le chat dans le sac à nouveau. En conclusion,quand on a compris, on essaie  de faire au mieux sachant que cette route est la colonne vertébrale nord de l'état J&K ( Jammu et Kashmir) le Kasmir comprenant plusieurs régions dont le Kashmir, le Laddak et d'autres. C'est le LIEN est-ouest ou le contraire. Il y a des transports en commun publics, environ deux par 
jour en saison et dont les horaires ne sont pas fixes...; il y a en plus des taxis privés nombreux, partagés ou non, dont les prix pour touristes sont souvent fantaisistes. Il vaut mieux être avec un local qui demande pour lui et qui va m'informer.. le point final étant Leh (dans le sens où je vais), le prix demandé du taxi partagé va être, même si je m'arrête à mi chemin, de la totalité du prix...à débattre âprement. Il faut tout débattre.
Arrivée à Kargil, 2 options d'hôtel, mais je n'en trouve qu'une que je prends. Ça paraît bien. Lorsque je reviens, après dîner et avoir parcouru la ville de Kargil, je trouve la chambre moins magique: les draps ont vu plusieurs clients.. ils sont sales. Mais il est déjà tard. Je les tourne, c'est mieux, mais il s'en faut pour que je me sente à l'aise! La serviette de toilette semble propre et j'ai vu dehors des taies d'oreiller sécher....j'en prends 2. Je ne peux pas dormir, pour la seconde fois. Je lis jusqu'à 3h du matin et ensuite, je tombe de sommeil...A 8 h je suis dehors en quête sérieuse de l'autre option que je trouve sans chercher, sous les yeux, à la sortie du premier hôtel: c'est propre et sans reproche. Ils me donnent la chambre aussitôt et je me couche. Quel soulagement!
C'est une bonne base pour aller dans la vallée du Zanskar, et je peux faire l'aller et retour dans la journée. Là aussi bonne journée, dans le bus local, confortable  à mon point de vue et sur une route asphaltée. J'arrive jusqu'à Panikhar. Ensuite il faut continuer à pieds. Dans le bus se trouve un français, qui randonne. Il aime beaucoup le coin et revient. Il randonne seul et a tout pour ce faire, autonome. Nous faisons un bout de chemin ensemble sacha t que je vais revenir sur mes pas et lui va continuer plus au sud sur 5 jours. C'est son autonomie maximale, ensuite il doit se recharger en combustible et nourriture... 
Je reviens sur mes pas et fais le tour du village, en plein boom de fauche à la main et de ramassage à dos d'homme, de femme, avant que n'arrive le mauvais temps: de l'orge, du millet je crois, du fourrage pour les animaux en hiver, des bouses de bovins à sécher pour le combustible...Du travail qui occupe tout le monde, sans énervement dirait on. Ça me rappelle lorsque nous étions petits dans les Pyrénées où le ramassage du foin se faisait en groupe mais déjà plus mécanisé il y a 55 ans qu'au Laddak ou au Tajikistan aujourd'hui...
Ce fut une bonne journée encore, chaleureuse et animée. Pas de problème de sommeil!
Je me suis promenée dans les bazaars mais je n'ai rien découvert d'attractif en tant qu'artisanat local. Je suis allée chez les artisans en argent ou cuivre ou or, mais peut être faut il être introduit et avoir l'intention d'acheter. Isabelle Iglessias de Porto faisait du commerce de bijoux indiens. Ils étaient superbes. Ce que j'ai vu au musée de Delhi bien que précieux ne suscitait pas chez moi une admiration illimitée. Peut être aurai- je l'occasion de voir mieux..
Néanmoins, sans voir de la belle oeuvre, je profite des gens aimables, d'une cuisine que je trouve un peu répétitive, et aussi d'un mode de vie spécial: je vais dans des hôtels de bonne tenue où vaque une palanquée de serviteurs. Le frustrant c'est qu'ils ne font rien, ce n'est pas vraiment propre selon nos standards bien sûr mais objectivement non plus... D'abord l'eau pour se laver est riche en sédiments, elle laisse un dépôt au fond des récipients qui paraissent pas nets à leur tour. Les lavabos, idem et sans bonde et sans col 
de cygne, bonjour les odeurs, sans parler des bâtiments eux mêmes, les salles de bains ni finies ni à finir   Peintures ou moquettes .....quand tout est propre, on peut remercier Bouddha qui s'en fout car il est lui même entouré
de cierges et d'encens fumants, de présents qui pourrissent sur place et de nombreuses offrandes de dévotion sous la forme de foulards, pièces de tissus pas catholiques du tout...!

Départ pour Lamayuru, de bonne heure car il faut que je trouve LE taxi partagé qui va aller dans ce village ou qui va à Leh. Mes premières enquêtes conduisent toutes à la nécessité de louer un taxi pour moi, aller et retour! Bien sûr. Mais je sais où se trouve le départ des véhicules quels qu'ils soient et l'heure approximative à laquelle il est préférable de se trouver sur place: 7 h du matin. La chance sourit à ceux qui s'aident et à 7:15 je suis hors de Kargil dans un taxi qui a à Leh et qui va me déposer devant l'hôtel.
Je suis seule au 3 eme rang de la jeep Toyota! Super.
Toujours des paysages de scories, argiles, des pentes qui ne demandent qu'à aller plus loin, des équipes des Ponts et Chaussées Indiens prêts à intervenir si il y a des pierres qui descendent trop vite ou glissement de terrain, ( ils vivent dans des campements de tentes circulaires) des précipices vertigineux, des virages en épingle  terribles....Tout se passe bien et j'arrive à Lamayuru. Une oasis charmante environnée de très hautes collines d'argiles, ruinées par l'érosion et qui portent le monastère de Lamayuru. D'en bas, il est très facile d'imaginer  que une "dent mitée" s'écroule. Pas encore...lorsqu'on est en haut, 150m de plus, les vues sont superbes. Le monastère date du 11eme siècle, le plus somptueux est la salle de prière, petite, marqueterie de bois au sol et tapissée d'armoires murales contenant, outre une grande quantité de bouddhas, des manuscrits sur bois, dûment protégés dans des chiffons plus ou moins gras et des instruments de musique en forme de cor de 50cm environ. Le monastère comprend aussi des bâtiments de.....méditation pour les candidats à l'enrichissement personnel!
J'ai essayé d'aller hors de Lamayuru, au sud, en taxi, mais les prix demandés étaient ridiculement élevés. Je suis allée à pieds, pendant 4 heures sans me presser, altitude 3500m. Ces argiles étaient impressionnantes! 
Un groupe de motards est arrivé, pour une nuit. Ça fait diversion, 5 touristes dont 4 de UK et un fantasque gars d'Australie. Un tour de 3 semaines. Dans le package est comprise la moto 500CC. , le clos et le couvert. Et ils roulent. Les routes les plus mauvaises sont goudronnées, ce sont des voies stratégiques j'imagine, maillées,  tout le long,  d'énormes camps militaires. Rien à voir avec les routes du Tajikistan ou du Kyrgyzstan...où, là, les cyclistes ou les motards ont vraiment "le contact" avec le pays!!!
Cependant, c'est sympa aussi et je souhaite que Raphaël puisse faire, s'il s'attache à la moto, ce type d'expérience, c'est assez fascinant! En plus à 2 motos, on peut se friser les moustaches et être on peut dépenser très peu hormis l'essence. Il faut dépenser avant pour avoir du très bon matériel et un excellent équipement!
Ces Motards avaient des envies de Vodka... allez chercher pourquoi la Vodka! C'est l'australien qui faisait des pieds et des mains pour en avoir. À Kargil, ville plus importante, c'était un petit groupe d'hommes Indiens, dans le même hotel que moi, qui voulaient à tout prix du Whisky. Les hoteliers cherchaient auprès du poste de Police ou du camp de l'armée, les 2 réputés pour avoir ce genre de camelote et de bonne qualité!
Je ne connais pas la fin de l'histoire à Kargil, je pense qu'ils n'ont rien eu; à Lamayuru ils ont obtenu de la bière à 12°.

Au lieu de filer sur Leh, j'ai décidé de faire durer le plaisir dans les villages traversés: Katchi, Alchi et ses 4 temples.  Deux nuits à Alchi. J'y suis arrivée en bus local, sans voir le paysage et je suis descendue le long de l'Indus, à 4 km du village après avoir traversé le pont. J'ai eu tout le temps d'apprécier en route. Vraiment tranquille. C'est là que j'ai vu les premiers "hippies", hommes ou femmes déguisés genre " c'est moi, je suis bouddhiste, voyez!"
Les 4 temples sont adéquats pour la taille du village; petits, une seule piece mais avec des peintures murales bien conservées depuis le 11°s.  des bouddhas et encore d'autres bouddhas, 15 cm de haut, tous différents, peints sur toute la surface des murs. Je ne sais pas si, comme en Chine, la communauté avait le devoir d'entretenir les temples et monastères...donc ici, si les peintures murales se sont bien conservées ou si elles ont été restaurées. Peut être la première hypothèse est meilleure car un des temples, bien petit et bien enfumé avait les murals les plus noircis, les moins lisibles, mais ils étaient entiers ( les bouddhas).
La visite était courte compte tenu de la petitesse du complexe, mais elle était agréable. Le temple est entouré de pommiers, abricotiers et des champs d'orge, le long de l'Indus. Ravissant. Plus des marchands du temple pour les touristes " bouddhistes"....c'était moins ravissant.

3 eme nuit en compagnie des punaises de lit. Cette fois je les ai vues, examinées, rassasiées de sang et je les ai tuées, écrasées, vidées de mon sang! Au total 9 assassinats justifiés, même si un bon bouddhiste ne doit pas ôter la vie à un quelconque être vivant. D'abord je ne suis pas bouddhiste et ensuite je dois dire que j'ai eu la satisfaction de prendre ma revanche; elle n'a servi en rien à changer la situation,mais au moins celles cci ne reviendront pas sur scène après digestion! J'ai changé de lit. Je n'ai pas eu d'autre assault, mais je n'ai pas dormi non plus. J'ai une nouvelle nuit à passer ici à Alchi...en compagnie de mes copines qui ont traversé la chambre et sont arrivées au second lit.

lundi 28 août 2017

Tajikistan stats

3100 km en taxi ou mashrutka épuisants mais récompense: les paysages et souvent hospitalité

38€/j inclus visa et 50% flight to Delhi
Kurutob: fatir bread+onion, tomato,parsley, coriander doused in a yogurt-based sauce
Chakka, yakka: curd with herbs and bread
Nahud samusa: chickpea samusa
Nahud shavla: porridge chickpea
Oshi siyo halav: soup
Tahum barak: egg-filled ravioli
Shir gurch or shir brench: rice pudding
Rasolne:  soupe de carottes, pdt, cream, blé et aneth
Palatin : serviette de toilette
Oshiburida: soup +macaroni: sour

Koloj (Pamiri)thank you. namearzat: you are welcome

Tajikistan 2

 09 août Khorog, porte d'entrée du Pamir, 17 h de mashroutka.....inattendu! Environ la moitié du trajet se trouve en fond de vallée qui sépare l'Afghanistan du Tajikistan.Arrivée à Khorog à 1 h du matin, cassée. Le même chauffeur a conduit tout du long, sans s'essouffler! Il m'a déposée devant le lodge que j'ai choisi. Obscurité la plus complète, où dormir? Je pousse une porte et je m'installe. Un grand classique : faire le lit signifie se servir dans une pile de " matelas" et prendre une épaisse couverture, jamais lavée pas plus que le reste d'ailleurs. J'ai dormi comme un loir et j'ai découvert que j'étais dans le séjour-salle à manger- dortoir, vide en l'occurence, de la famille qui fait tourner le lodge...ça n'a posé aucun problème et ils ont tout fait pour me laisser dormir le plus longtemps possible.
Là aussi, le lodge est un repère de routards. Chacun son histoire, mais tous sérieux lorsqu'il s'agit de pédaler, de faire vrooum avec les poignées...
J'y trouve un lift pour aller dans la vallée de Bartang. 4 français contents de partager les frais de taxi. J'ai 4 jours et je suis bien contente que nous commencions par le poste le pus éloigné: Basid, ça me permet ensuite de redescendre la vallée à mon rythme.
La règle commune partout, c'est l'anglais. Les familles ont des cours accessibles pour tous. Ça leur donne le contact. Ensuite, ce qui varie d'un homestay à l'autre c'est la qualité de la cuisinière; parfois excellent, parfois juste dur à faire passer quand les têtes de mouton ont longuement mariné dans la soupe.La ressource, répandre de l'aneth à profusion, il y en a partout et en quantité.
Ces français ne se connaissaient pas, réunis par l'un d'eux et tout s'est bien passé. La seule femme, une 40 taine d'années, de Bordeaux, qui travaille au Garage Moderne à Bacalan! Qu'en penses tu Solange? Son nom est AnneLaure.
J'ai passé deux jours à Basid, dans le village alors qu'eux ont commencé la rando de 1h à 17h et ils sont arrivés à destination à la nuit....le début de la rando commençait par de gros galets dans un côté de lit de rivière, parfois il fallait se mouiller les pieds. Je n'étais pas équipée pour ça , j'ai rebroussé chemin très rapidement avant la nuit.
Finalement, ils sont rentrés tard dans l'après midi du lendemain et ont couché à Basid. J'ai partagé leur retour jusqu'à Khidjez où je suis restée tandis qu'eux randonnaient le Jeezoo . La fatigue me pèse. Nous ne sommes pas si haut, mais entre la route, le couchage et aussi quelques longues ballades dans les villages, travailler aux champs à couper le foin à la main, les journées se suivent et je ne récupère pas bien.
Le couple du homestay est charmant: elle est infirmière normalement mais inoccupée depuis 2 ans, elle cuisine, bien...pour les hôtes dit elle, et ça se voit. Son mari travaille en équipe 3 j de rang, 24/24 dans la petite usine électrique à 8 km qu'il fait à pieds AR. Elle, c'est 18 km pour aller travailler, à pieds, plus passer dans les villages pour soigner ensuite.
En hiver, ils reçoivent des groupes de chasseurs allemands pour l'Ibex. La chasse est contrôlée via des sociétés de chasse germano-tajike. Il en va de même pour le mouton de Marco polo, mais dans une autre région. En revanche il y a du braconnage local....difficile à réprimer.
Chaque chasseur paie un droit tout inclus de 5000 US$ pour une semaine. Ils ont bcp de renards qui descendent de la montagne, suivis pour les loups qui y voient une bonne proie. Les loups sont suivis par.....le léopard des neiges. Ces animaux viennent à la nuit à pas feutrés mais ils lancent leurs appels. Ils sont autour des maisons....wouaou!!!!j'ai bien envie d'y revenir avant d'être sourde.....!
Deux jours pleins de fruits, thé, et le jeune garçon m'a donné un très long collier d'amandes d'abricots, bien meilleures que celles des nôtres.
Retour à Khorog en taxi partagé; je change d'hôtel et reste au centre: il y a un concert public ce soir, musique trad. et moins trad.
Nous avons utilisé la seule voie d'accès à Khorog et plus loin à la vallée de Wakhan: le long de la frontière Afghanne
Je dois demain trouver un transport pour la Wakhan valley avec des haltes tout du long dans de petits villages, hameaux. Je trouve un British et nous atteignons Namadgut bolo, où je reste pour la nuit. Le chauffeur nous amène chez lui pour déjeuner, avec un bon ragout délicieux et des abricots à profusion. Fin, le British cherche un lift pour Langar et le trouve. 
Le gars du homestay chez qui je passe la nuit est un petit malin, court sur pattes mais vif. À côté du homestay, il y a une forteresse dont quelques restes datent du 3 eme s. BC! Beaucoup de touristes s'y arrêtent. Il a fait une armoire plate qui s'ouvre comme un livre et qui se condamne avec un cadenas. Dedans, des souvenirs horribles mais il fait des affaires. Dés qu'il sait que qq'1 arrive, il court avec sa chèvre et son fils, les filles doivent rappliquer aussi, sa femme arrive en dernier, elle semble plus timide.
Là, c'est le grand jeu: lui et le fils revêtent la tenue Afghanne pour les photos avec les touristes et il habille aussi vite les touristes pour qu'ils achètent, les filles se chargent d'encaisser tandis qu'il passe à un autre...
Les touristes partent, on rentre tout dans l'armoire, il refait ses stocks et le livre est bouclé....un peu triste, mais il faut vivre....
Pour continuer j'avise une camionnette et le jeune homme me prend en stop vers 10 h. Il est 19 h lorsque j'arrive à Yamg. En revanche bonne expérience. Son père a un petit business de grossiste: une camionnette,  des marchandises et un livreur, ses fils: 19 ans, 16 ans et le petit dernier qui adore les voitures, 9 ans. L'ainé vient lui aider en été: lui aussi, il assure au volant du matin au soir, si il s'endort, son frère, qui dort, prend la relève.  9 h pour faire 60 km! J'arrive, non pas cassée, c'est déjà fait, mais moulue. Très gentil. Je veux lui donner 100 comonis ( 10€) il n'en veut pas. Il m'arrange la nuit et peut me prendre à nouveau demain si je veux, il part vers 9h. 
Un bon repas chez l'instit. du coin, assise sur une chaise, une douche, un bon lit, je ne demande rien de plus.
Lendemain matin. Je repars avec lui et le dernier des frères, il sera à Langar vers19h. En dépit de sa gentillesse, je lui dis qu'au prochain village important, je vais chercher un taxi. Wrang. Oui, c'est presque une ville, il y a du monde sur la rue unique. Il fait ses livraisons et je trouve un taxi qui m'amène plus loin.
Mon chauffeur se révèle bien peu scrupuleux. C'est un taxi partagé avec des locaux et je suis d'accord pour payer ce qu'il demande tout en sachant que ce n'est pas justifié. Il connaît l'auberge où je souhaite rester, tout baigne.Tout va bien et les 30 km qui me séparent de Langar sont couverts en 1h30. Arrivés sur place, la musique n'est plus la même, il veut changer le prix pour me déposer au homestay....C'est exactement ce qui me plait. 
Quant aux sources thermales, eau minérale chargée en fer et pétillante, ses propositions de prix s'évaporent aussi. Il n'est plus d'accord sur rien. Le prix est de 50, je prends un billet de 100 et tente de le déchirer en 2 morceaux. Là il m'interromps et me rend la monnaie... ça va mieux ainsi.

20.08 Langar
Fin, the British, est parti avant mon arrivée...je suis donc à Langar, au bout du monde et pour aller à Murgab, ce ne sera pas facile....
Les prix demandés sont hors de proportion avec la réalité des coûts.Les chauffeurs de ce type sont des jeunes gens qui boivent plus qu'ils ne travaillent. Il y a de l'alcool ici. 1 l.= 0.89€.....
Il vaut mieux passer son chemin.
Il semble que les infos délivrées par l'office du tourisme concernant le traffic et les possibilités de transport à partir de Langar via Murgab soient erronées.
Il n'y en a pas. Je laisse retomber ma mayonnaise avant de chercher une solution. Mon horizon semble sombre.
J'ai rencontré un jeune couple de British, Alex et Briana. Ils marchent et font du stop. Ils campent aussi le cas échéant. Ils me disent qu'ils ont rencontré pas mal de véhicules qui montent vers le col et que je devrais trouver facilement un lift. Je n'en ai trouvé aucun en 4 h. Je suis donc revenue au homestay et j'ai dormi tout le reste de l'après midi. La soirée a été sombre: pas de solution en vue autre que de revenir en arrière... bcp de clients sont arrivés au homestay, des italiens, j'ai donc dû laisser mon lit et je suis arrivée dans la salle à manger- dortoir de la famille. 
Autre expérience que je sais déjà: tout le monde dort habillé et l'eau est réservée au touriste. À leur décharge, l'air est si sec, que se laver n'est pas bon pour la peau: les crevasses! Et je sais de quoi je parle; je ne me lave plus les pieds depuis plus d'une semaine car les crevasses se sont formées et j'ai du mal à marcher en dépit des couches de gras préventives et curatives...Les lèvres c'est pareil.  Mais le linge sèche en une heure!
Je passe 2 nuits là et je me promène dans le village: paysans aidés de mules, des champs de foin pour l'hiver, coupé à la main, des pommes de terre, tomates, concombres, oignons, aulx. Altitude: 2800m. C'est déjà un effort de marcher..
Le matin suivant, la solution s'est présentée: le taxi. Un bon 4x4. Ca n'empêche pas d'être remuée, secouée mais j'ai la place entière pour moi.
Les paysages sont époustouflants, nous longeons la Wakhan Range Afghane. La route Afghane est sûrement aussi belle et dévoile l'Alichur Range sud, Tajike, mais nous sommes juste aux pieds en voiture! Altitude moyenne 4000m.
Je ne suis pas vraiment en forme: une infection urinaire peut être liée au fait que je ne bois pas assez, mal au dos ou aux reins ou les deux, l'altitude (aujourd'hui, dénivellé de 1200 m). Je dois me coucher en arrivant à Alichur.  Presque 3900m. Je ne regrette rien, simplement, je limite les efforts.
J'ai failli abandonner à cause du transport, j'ai bien fait d'insister même avec une mobilité réduite.
Demain, prochaine étape, Murghab. Les montagnes ressemblent un peu à la Bolivie: des sommets enneigés, des éboulis, des couleurs, des lagunes salées ou non. Le calme le plus complet sauf lors des tremblements. Il y en a eu un il y a 5 jours: paraît il un grondement phénoménal, peu d'agitation. Selon ma dernière source en la personne d'Alex et Briana qui en arrivaient. Plus de peur que de mal, mais comme le téléphone, la radio, l'internet ne fonctionnent pas, qui est vraiment au courant de ce qui se passe? Les locaux.
Le homestay est un peu à l'écart et il est bien joliment décoré. La fille de la maison, Nuzrat est à quelques jours d'accoucher. Nous nous trainons toutes les 2 pour des raisons différentes. Elias, son fils est un joli petit garçon malicieux et sage. Il vient me réveiller le matin pour que je lui mette de la pomade sur les joues, l'air est si sec! 
Le jour suivant, en buvant plus, n'apporte pas bcp d'amélioration: je dois courir plus souvent aux toilettes, à l'extérieur de la maison. La tête tourne aussi en faisant des efforts...
Repos forcé qui ne me dérange pas.
Le 3 eme jour, comme je reste fatiguée et que l'infection urinaire est tjs là, il vaut mieux que je rentre à Khorog et de là à Dushambe. Nuzrat qui n'a tjs pas accouché, organise mon transport dans un 4x4 Pajero, avec une place devant. C'est un taxi partagé et je paie pour être seule à l'avant. Tout va bien, il vient me chercher au homestay. 
Ces gens là ont une vie dure: pas de ressources locales, pas d'agriculture hormis élevage de moutons, quelques vaches et quelques chameaux. Ce sont d'origine des populations Kyrgyz qui pour des raisons diverses ont migré ici il y a 3 ou 4 générations. Citoyens Tajik de nationalité Kyrgyz.... les traits sont différents de ceux des Tajiks, ils sont pour la plupart musulmans sunnites, les hommes ont le couvre-chef Kyrgyz et ils parlent Kyrgyz tout en comprenant et étudiant le Tajik et le Russe. La différence avec les Kyrgyz: ils ne sont plus nomades. Ils ont des maisons de pierre Tajik. Il y a qq yourtes mais plutôt rares. Les décorations sont moins gracieuses et moins présentes qu'au Kyrgyzstan. Ce sont toujours des éleveurs, il n'y a pas d'agriculture possible dans ces aires à 4000m!
Je retourne sur Khorog sur la Pamir Highway! Elle n'a de Highway que le nom, mais elle assure la 2 ieme relation entre le Kyrgyzstan et le Tajikistan, en ce sens là, c'est l'autoroute du Pamir... Les paysages sont fantastiques de désolation, de vent et de températures extrêmes!
C'est superbe et le retour se passe très bien. A Khorog,  je retourne au même hôtel central pour organiser mon retour sur Dushambe. Avec un arrêt pour dormir à mi-chemin et passage par le nord de cette partie de territoire, montagneuse aussi.
Kalai Khum: Au nord de Khorog jusqu'à Kalai Khum, la route longe la rivière et la frontière Afghane. J'y passe une bonne nuit en face des toilettes....
A partir de là, deux routes, au sud, par laquelle je suis arrivée il y a 15 jours et au nord, ouverte seulement en été, plus courte et plus rude...C'est cette dernière que je souhaite prendre.
Le propriétaire du homestay fait connaître mon projet comme on secouerait un prunier et on attend que les propositions arrivent. 1 h après: il n'y a personne qui va à Dushambe aujourd'hui, toutes les voitures sont parties avec les étudiants qui commencent l'université..
Le fruit suivant vient sous la forme d'un jeune premier qui vient avec son interprète. Il connait ma demande et nous commençons à discuter prix et itinéraire. Il a une Opel neuve. Nous tombons d'accord sur le prix que m'avait rapporté le gars du homestay. Nous voilà partis à 10h, il y a 7 h de route pour 280 km! 
Le voyage commence par des pierres qui tombent sur la route: il y a des chèvres plus haut! Puis des passages si étroits sur les cailloux que je me demande une fois encore si j'ai bien fait d'insister. C'est superbe! Nous allons très lentement; la voiture n'est pas idéale pour ce type de route mais le conducteur se révèle expérimenté. Nous mettons 4 h pour faire 85 km ..!
En route nous prenons des locaux et ce sont ,chaque fois des discussions sans fin lorsqu'il s'agit de payer. Je ne sais pas à quelle sauce je serai mangée en arrivant mais je me prépare à toute éventualité, en plus il sera nuit en arrivant à Dushambe.
Finalement tout se passe très bien et je suis contente d'avoir insisté sur cet itinéraire.

Dushambe: je retrouve mes repaires sur Dushambe et organise les priorités: pharmacie, hotel en arrivant sur Delhi et repos avec les antibiotiques. Classer toutes les photos des 15 jours au Pamir... si possible. Reprendre contact avec Masud et Reggina pour dîner en ville.
Il y a toujours pas mal de cyclistes à l'hostel, dont 4 français très sympas. Quelle énergie ils me donnent! Ils pédalent depuis la France séparément, à l'exception du couple Adam/Noémie à travers l'Iran ou la Russie ou ailleurs et partent vers les 4000m et plus....
Super séjour plein de bonnes rencontres énergiques, énergétiques et aussi plein d'espoir de ces jeunes gens bien dans leur peau, actifs et entreprenants. Quel exemple!



samedi 26 août 2017

2017.07.28 Tajikistan 1

Entrée au Tajikistan. Entrée très contigüe entre Kyrgyzs-Tajiks-Uzbecks. Des frontières très intriquées avec des enclaves ethniques dans chaque pays...L'ensemble est situé dans la vallée de Fergana élargie. Le passage de la frontière s'est fait sur du velours, dans un transport collectif. Du jamais vu. Nulle part. 
En arrivant à Isfara, des gens affables, ravis de voir une touriste. C'est une petite ville frontière, active. Premier soin: comment avoir de l'argent? Les Master card ( Maestro ici) ne sont pas très connues, pour. Une seule banque va les accepter dans le pays: Kazkum. Ravie d'apprendre que ma vie va se compliquer, mais comment faire avant d'arriver "en ville"? J'ai quelques dollars que la banque me change et dans la rue, je change la monnaie Kyrgyz. Le niveau de vie me paraît toujours plus bas...
Premier contact très sympa. Le jeune homme de la banque qui m'a accompagnée pour changer les dollars et essayer de faire marcher Master card me fait quelques recommandations et suggestions car ici, sur place, il n'y a pas grand chose. Je me retrouve donc dans la Mashroutka qui va m'amener à Khojand, 2eme ville du pays.
Il fait très chaud pour arriver à Khojand....la gare routière est hors la ville mais il semblerait que la ville soit un long serpent. Je prend le premier bus qui passe pour aller à l'hôtel suggéré. J'ai lu quelque part qu'il y a peu d'hôtels à Khojand et tous sont du genre business et relativement cher. Mais c'est mon 
premier jour ici et je vais prendre le temps de m'organiser un peu. L'hôtel est rutilant et je lui trouve dès l'entrée un petit air de déjà vu: genre soviet union. Il m'a été recommandé par le gars de la banque sympa et dynamique, je fonce. Je comprends bien vite mon erreur. Tout mon étage est en chantier sauf ma chambre, la peinture est neuve, le reste est à faire, tout! Je commence à comprendre que pour 3 € il est difficile de faire mieux, mais mon système de conversion de la monnaie est lent et d'autre part les prix sont si bas que j'ai du mal à apprécier...
Je sors et cherche quelque chose d'autre pour le lendemain: 10 fois plus cher mais je pourrai me doucher et dormir. Je passe la nuit blanche car je crains les bestioles, le bruit. Je suis en compagnie d'un policier ( roman), la nuit passe vite, le bouquin aussi et au petit matin, je suis à l'autre hôtel, à 200m.
 Super et j'ai la chambre aussitôt. Le temps de me faire un petit dej et je pars en ville. Il fait si chaud! Bazaar, quelques restes d'architecture mais surtout des gens plaisants. Quelques achats de fruits, et divers et je me mets en quête de nourriture locale et de ce que je peux faire avec cette chaleur. 
Je trouve une jeune femme qui travaille pour 15 jours ici, à Khojand.Nous allons dîner ensemble ce soir. Elle est au même hôtel. Les choses se précisent. Finalement je vais découvrir l'immense réservoir sur le Syr Darya en amont de Khojand, aperçu en mashroutka.
J'y vais en bus et je trouve un "resort" pour les personnes aisées de Dushambe ou d'ailleurs. Le réservoir qui se termine par un barrage produit l'électricité pour la région et se double d'un lac, parallèle au réservoir et peu profond, aménagé pour la villégiature: hôtel étoilé, restaurants, plage et parasols, sable et pédalos. Je suis arrivée les 2 doigts dans le nez, sans savoir ce que je trouverai. Je m'installe sous un parasol; bien qu'il soit tôt, le soleil est chaud. Petit à petit, des familles arrivent, surtout femmes et enfants, avec le pique-nique et chacun s'installe gaiement. Une famille me demande pour s'installer et je suis ok. Me voilà donc en plein dans le jeu: les gamins filent dans l'eau avec ou sans bouée, louée à l'entrée, et les femmes commencent à faire des allées et venues vers un "vestiaire " de plage. Elles changent de tenue pour un vêtement identique mais sûrement démodé ou usé et vont dans l'eau où là, elles l'enlèvent vite lorsqu'elles ont l'eau à hauteur des cuisses. Une jeune fille prend alors leur robe, elles sont en sous vêtements dans l'eau. Tout le monte joue et s'amuse dans l'eau pendant 2 bonnes heures, avec les bouées qui passent aux adultes. 
A moment donné, tout le monde sort de l'eau, se rue au vestiaire et sur l'une des 3 gamelles prévues pour nourrir tout ce petit monde affamé. Les gamelles sont emballées dans des fichus: du riz au beurre ou je ne sais quoi, du riz à la tomate, du pain. J'ai dû goutter à tout, tout était bon, mais je n'avais pas faim, pas encore. Lorsque tout le monde a été rassasié, les enfants sont repartis à l'eau et les femmes ont bavardé entre elles et avec moi. Evidemment la conversation n'était pas très élaborée mais nous arrivions à nous comprendre: provenance, age, enfants, métier etc.
Et le temps est passé vite. Tout le monde a quitté la plage à peu près en même temps. Pour ma part, j'ai pris mon temps, suis allée sur la "riviéra" boire un coca cola.....et j'ai regagné l'hôtel pour aller dîner. 
Restaurant avec une Tajik, bon pour une entrée en matière alimentaire. Au menu des plats Tajiks: "ragoût" de légumes et Kurutob . Reggina travaille dans une ONG, salaire mensuel 800€. Elle fait partie des personnes aisées. Elle habite Dushambe où nous risquons de nous revoir.
Finalement je passe 4 jours à Khojand, fort agréables si ce n'est la chaleur. Très bon commencement sur le plan des contacts. Sur le plan hôtellerie, je ne sais pas encore ce que je vais trouver à Dushambe, j'ai peu d'informations.

1 ier Aout: mon plan est de descendre le long du seul axe asphalté, nord/ sud pour rejoindre 2 vallées, l'une allant vers le sud ouest, Isfarashan river, les Fan Mountains, l'autre vers le sud est, Yaghnob river. Les montagnes à Ayny sur la route sont superbes!
La chance me sourit, je trouve un taxi partagé et un compagnon de voyage qui va être mon interprète et mon passeport, Masud. Le taxi roule vite, à mon goût, mais nous arrivons à destination: Sarvoda. Masud me suggère un arrêt différent de celui que je pressentais et il me trouve un taxi pour me rendre dans la vallée de l'Isfarashan. Le chauffeur de taxi offre l'hébergement chez l'habitant. Que demander de plus? Les pieces du puzzle se mettent en place gentiment et sûrement.
Les paysages sont superbes et se suivent: lac d'Iskanderkul, Saritag. Le home stay est super, je suis la seule cliente étrangère. Je me promène et suis prise en charge par des enfants qui veulent me montrer l'âne, leur maison, leur grand mère, la rivière etc. C'est vraiment charmant. Je passe de très bons moments impromptus et je ne risque pas me perdre. Le village de Saritag, bien que tout petit et très tranquille, veille sur mes allées et venues sans en avoir l'air. Il y a un seul magasin de produits de première nécessité: allumettes, bougies, savon, cocacola, biscuits, papillotes de chocolat, chocolat russe, vinaigre chinois....Les gens vivent en autarcie et je vais trouver ça partout au Tajikistan. Sauf à l'est du Pamir, autour du Pamir où rien ne pousse sauf pour les chèvres et moutons et encore!
Après 2 jours de promenades, je trouve un gars avec une voiture et lui demande si il ne m'amènerait pas sur la route principale à 2h de là. Finalement nous trouvons un accord pour faire mieux: retour sur l'axe nord/sud , vallée de Yahgnob avec halte de 2 nuits à Margeb et il me conduit à Dushambe. 
Je suis tranquille pour 3 jours de plus. 
Il conduit bien, et nous parlons peu: la route est pour le moins captivante avec des lacets invraisemblables dans les cailloux, des ravins sans parapet bien sûr, des parois rocheuses qui ne demandent qu'a tomber et des éboulis!
Je me suis demandé pendant plus d'une heure si j'avais bien fait de me lancer là dedans: le ciel est devenu d'un lourd gris-souris pendant que le thermomètre montait et tout à coup la grêle s'est mise à tomber violemment : je voyais déjà la catastrophe, glissement de terrain, montée des eaux, nous étions au fond de la vallée niveau rivière. Le chauffeur ne semblait pas préoccupé..nous prenions des locaux sur la route, les bras chargés de seaux d'abricots ou autres fruits et qui continuaient de marcher sous la grêle, pas moyen de se protéger!
Finalement tout est rentré dans l'ordre; nous sommes arrivés à destination après 7 h de conduite...fatigués, moi de ne rien faire et lui de conduire. Le village de Margheb est en fond de vallée. Au delà, il faut marcher et il y a quelques hameaux habités. Tout l'espace disponible est cultivé ( en hiver, il y a 2 m de neige le plus souvent, les routes sont fermées par la neige, avalanches ou glissements de terrain, parfois les 3). Les habitants ne peuvent compter que sur eux mêmes et une forte solidarité dans la communauté.  Nous logeons chez l'habitant, l'ancien instituteur. J'avais apporté un énorme melon pour notre hôte et nous avons été régalés de repas frais, délicieux, beaucoup d'aneth dans la soupe ou les salades tomates/ concombres/ oignons. Et des abricots of course! Séjour très plaisant et ballades tout autour et dans la vallée, réputée paraît il pour les parois verticales à grimper, 800 à 1000m! Escalade et varappe...
La vallée donne un peu de travail à quelques habitants grace à des mines diverses et variées dont les plus visibles sont celles de charbon. Ce que l'on voit de l'extérieur n'est pas très reluisant, les équipements paraissent vétustes et peu engageants. Lorsque l'on voit les glacis d'éboulis partout on peut se demander comment on travaille en sécurité à l'intérieur.
Nous retraversons ce corridor de vallée sinistre par endroit lorsque nous arrivions et plus brillant pour partir vers Dushambe.

D'autres mines de charbon en route et faciles d'accès pour les mineurs. Des tunnels anti avalanches le long de la route, la seule qui traverse le pays..... 
En dehors des paysages, peu de choses à signaler à l'exception d'une station de ski  neuve et 30 km avant d'arriver à Dushambe, tout le long de la rivière Varzob, des dachas neuves, clinquantes, paraissant opulentes pour les soirées entre amis de la capitale, avec des restaurants chics. La chaleur est accablante et je me dis que ça pourrait bien être agréable de venir se rafraîchir ici. Finalement, je ne le ferai pas.

5 Août Dushambe. Le chauffeur me laisse au bazaar. Je suis bien contente de son service et tout s'est bien passé . J'ai repéré un hôtel et je dois traverser  la ville pour l'atteindre. Je prends le premier bus qui passe et il s'avère être le bon. Facile! 
J'ai ici plusieurs objectifs: visa pour l'Inde, extension de mon passeport ou tout au moins voir ce que je peux faire. Mon passport est plein avec le visa pour l'Inde. Visa ok, nouveau passeport, je dois voir ça ailleurs et ce sera Delhi, l'ambassade d'Espagne peut me le faire. J'achète le billet d'avion pour Delhi et je suis prête à partir pour les Pamirs Tajiks.
L'Hotel est le rendez-vous des baroudeurs à pieds, vélo, moto, ou quelque engin d'autonomie complète. Les cyclistes forcent l'admiration: les chargements tout inclu varient entre 20 et 50 kg, voire plus! Et ils font le tour des Pamirs avec des cols à 4300 voire plus! Et aussi des sentiers de cailloux....
La ville n'a pas grand chose de notable; la rivière qui la longe est lourde en sédiments, peu attractive mais les locaux s'y baignent. Les bâtiments principaux ont des airs des Soviets: majestueux, mise en scène pompeuse et très ouverte. Il faut marcher à Dushambé. Larges avenues avec un bon service public de transport. Hors la capitale: rien, ça fonctionne quand même!
Le centre est assez réduit, très vite on se trouve dans les quartiers plus populaires et très agréables: rues bordées de rigoles et d'arbres souvent des arbres fruiters: plaqueminiers, abricotiers, vignes et autres bien sûr. L'avantage: on marche à l'ombre, les oiseaux font un boucan bien sympa, l'eau gargouille partout et on peut picorer en route. Du bonheur pur sucre.  Bien qu'excentré, l'hôtel m'a permis d'explorer plusieurs quartier dont un russe, avec ses maisonnettes basses et fenêtres décorées en bleu, plus une église orthodoxe.  Charmant. On sent que l'argent arrive: maisons récentes, rénovées, cachées derrière de hautes clôtures; le quartier de l'hôtel est,  selon Masud, bien fréquenté et plutôt haut de gamme. 
Nous sommes allés dîner ensemble dans un resto turc, il n'y avait pas de moussaka mais j'ai eu des aubergines bien bonnes. 
On trouve de tout à Dushambe, au bazaar: j'y ai acheté des quantités d'abricots, de brugnons, et des pois chiches ou des lentilles, du thé, achetés pour laisser dans les homestay en guise de remerciement. Le seul problème: le poids, 3 kg ça pèse dans le sac. Mais en revanche les gens ont toujours été contents car ils sont loin des centres d'approvisionnement et ce sont des produits qu'ils ne cultivent pas toujours, c'est un plus dans les menus de pommes de terre, pâtes, riz, blé noir et mouton bien sûr..

Je laisse ma valise à l'hotel et je pars pour 15 jours dans le Pamir, avec peu: un change, mon baton de marche, du gras pout tout: les pieds, le corps, le nez, le visage. Là aussi, avantages et inconvénients à gérer au plus prés: avec la crème, la poussière adhère..., sans crème ça ne va pas non plus!

jeudi 27 juillet 2017

2017.07 Kyrgyzstan


Arrivée à Bishkek facile, grenier â blé traversé tout du long d'Almaty jusqu'au pied des hauteurs qui entourent Bishkek. Je n'ai rien reconnu de mes expériences précédentes en arrivant â Bishkek. Tout s'est modernisé bien que la structure russe soit omniprésente avec ses buildings volontaristes de l'époque des soviets et ses larges pour ne pas dire surdimensionnées avenues..
Le trajet s'est bien passé jusqu'à la frontière, en marshrutka, genre de trafic pour 20 personnes. Il part quand il est plein. Après la frontière, il avait disparu...j'ai donc pris le premier qui s'est présenté, à 20 km de Bishkek. 
La chance jouant en ma faveur, je suis descendue pas trop loin de l'hotel où j'ai réserve et j'ai continué à pieds pour 2 km.  Bon moyen de me dégourdir les pates. Arrivée bien plus rapidement que prévu, j'avais le temps de prendre connaissance de la ville.
Sympa, beaucoup de jeunes, des voyageurs européens. Le pays est libre de visa. Ça facilite considérablement les choses et beaucoup d'étrangers arrivent là pour préparer la suite de leur voyage et obtenir de nouveaux visas. En ce qui me concerne, mon passeport est gavé de visas et de timbres et je vais cruellement manquer de place très vite. Les informations concernant le consulat d'Espagne sont erronées et je n'ai rien trouvé pour demander un nouveau passeport. Je verrai au Tajikistan.
Je suis dans un hostel tenu par des japonais, propre et bien situé. Un bon plan. Après quelques emplettes nécessaires, je pars vers le lac Issyk Köl, le sud et je me dirige vers la frontière occidentale Kyrgyzstan/ Tajikistan.

2017.07.13 Lac Issyk Köl  sud. Finalement tout est plus simple que prévu: marshrutka vite rempli et départ imminent à chaque rupture de charge, 3 au total. A midi j'étais à Tong, "à la plage". Camp de yourtes pour les locaux qui viennent en WE. L'eau du lac est tout à fait acceptable, légèrement salée et autour de 18/19 degrés il me semble. Je suis assez agréablement surprise: les femmes se baignent en maillot de bain pour la plus part, mais peu se baignent. Il y a plusieurs enfants par famille et ils pique-niquent sur un grand tapis. Sur place il y a des boissons, des stands de tir, des toilettes, des poubelles. J'ai une yourte pour moi, le petit dej. inclus, le dîner et j'envisage de reserver un taxi pour demain. Les distances ne sont pas très grandes, il y a une seule route pour tout le monde, y compris les personnes qui n'ont pas leurs propres roues.
Je passe l'après midi à la plage, sur de gros galets de granite rouge. Je ne me suis pa baignée car je me suis blessée sur l'arête du tibia droit pour la énieme fois, tjs le même endroit en glissant sur une marche à Bishkek..beaucoup de sang pour pas grand chose mais cicatrisation lente à prévoir. Donc j'ai marché sur les galets. Altitude de 1600 m et température très agréable. De retour à la yourte, le paysage en sens inverse me révèle comme un relief lunaire, ruiné et rouge.
 Bonne promenade dans ces paysages: des granites rouges sang décomposés, d'où la couleur mais aussi des argiles de toutes les couleurs ocres du blanc au lie de vin. 
Finalement tout le long de la rive sud, plus ou moins proche du lac, mêmes formations. Il pleut, pas beaucoup mais l'eau pénètre peu et sur une faible profondeur, tout dérape et moi aussi....Bilan, bain de boue qui sèche avant mon retour à la yourte. Après, pas besoin de laver, il suffit de casser la croûte! 
Le dîner est végétarien: deux bols de pâtes additionnés de ratatouille homemade délicieuse! Pour le petit dej. j'ai pas moins de 4 oeufs et du pain fait maison, ici, excellent servi avec du thé.
Le lendemain, j'ai prévu un taxi pour me promener. Il s'avère que ce n'est pas le bon plan. Je visite un autre canyon, à sec,  mêmes reliefs et couleurs. Il bruine et je trouve quelques promeneurs en groupe. Ballade durant 2 h et je demande au taxi de me déposer à la yourte. Je continuerai en transport en commun. Les prix sont rédhibitoires dès que l'on s'adresse à une agence et le service est particulièrement médiocre car le sous traité est très mal payé. Comme en Mongolie.
Et finalement, j'ai pu aller là où je souhaitais, sur la route principale en bus collectif puis à pieds. Mais il a commencé à pleuvoir quelques km plus loin et j'ai été prise en charge par 2 cameramen qui m'ont conduite au bord de la Mer Morte Kirghize. Retour à pieds et sans pluie au travers de ces mêmes paysages ruiniformes.
Au total, une bonne journée de marche, 18 km aujourd'hui, pas un miracle mais dynamique et en arrivant à la yourte, un bon repas m'attendait aver des "roses" faites avec des pâtes et des pommes de terre, super bonnes et une salade de crudités très bienvenue, les fruits étant plus rares par ici.
" La salle à manger" a soudainement été remplie de 4 hommes fêtant les 40 ans de l'un d'entre eux: vodka à flot et Fanta au compte goutte. J'ai trinqué, la vodka était bonne. Ce n'étaient pas des musulmans, 2 bouteilles y ont perdu leur contenu...je ne sais comment ils sont rentrés au volant de la ou les voitures et je ne sais pas si ils avaient commencé à boire avant ou allaient continuer après. Les descentes sont aussi raides que celles des Russes et la vodka est Russe!
Très bonne journée.

15.07.2017.  Je quitte le lac pour les pâturages, un peu plus haut. Le lac est à 1600 m. Etape suivante à 160 km environ, Koshkor,  toujours dans ces taxis partagés. Changement de taxi 2 fois, chacun fait un segment de route. Je circule avec des locaux à 7 ou 4 ça dépend du véhicule. Il n'y a pas de transport "public"à l'exception de Bishkek. Le territoire ne fait pas 200 000km2 et la population, surtout rurale encore..., 5 millions et des brouettes. On ne peut pas trop parler de densité suffisante pour des transports en commun. Guesthouse ok. Koshkor va me servir de base pour aller plus loin avec le petit sac à dos: vallée de Suusamyr et Naryn
Donc il y a des "lignes de taxi" , près du bazaar en général et souvent une femme "organise" les voiturées. Elle sait qui va où, quand, combien et bien sûr elle connaît tt le monde. 
Le parc automobile est constitué au moins à 50%  à la campagne, par des Audi, Mercedes, Wolskwagen des années 70 ou 80, je ne sais pas trop, du vrai chrome bien lourd, facile à réparer, l'huile est fournie abondamment. 
Pour chaque voiture dans laquelle je suis montée, une fois la voiture remplie, le premier arrêt est consacré au plein d'essence et au paiement du prix de transport, le second arrêt est consacré au plein d'huile, versé depuis un pichet bleu, pas mois d'un litre au jugé!
Le 3 ieme arrêt c'est la vidange de vessie. Et c'est fini.

Le transport s'effectue donc dans ces conditions. Et il faut rester dans ces clous là plutôt que des propositions éparses sans connaître le conducteur. A cet égard la " plaçeuse" est un poids lourd d'expérience.
Je ne dirai pas assez comme les paysages sont beaux: avec en plus quelques nuages pour faire paraître le ciel encore plus bleu!
Les routes, ce sont des routes, à part quelques grands axes et la traversée des villages.  ne sont pas goudronnées, ou bien si elles l'ont été, il n'en reste rien. Mais les matériaux environnants sont des granites rouges roulés dans des argiles plus ou moins fines: c'est la structure des chaussées: lorsqu'il pleut, bonjour la colle; lorsqu'il fait sec, bonjour la poussière, et on en mange....En voiture. ça va. En tant que cycliste ou randonneur, c'est bcp moins drôle mais parfois il passe une voiture par heure, les deux sens confondus...
Je pense que je me situais à peu près au centre du pays, au milieu de chaînes montagneuses parallèles est/ ouest. Peu de traversées nord/sud. Mais des ballades super! Je ne me suis pas privée; au départ, bon petit dej., à l'arrivée, le dîner prêt et végétarien! Que demander de plus? Toute la journée dehors, des températures idéales pour marcher, des montagnes, des cours d'eaux puissants et impétueux et parfois des rencontres. 

Il y a pas mal de touristes, mais des personnes qui paient de leur personne: cyclistes hommes et femmes, super bien équipés, en famille aussi, des marcheurs, des motards. Pas mal de Suisses, Hollandais, Allemands et Français. C'est loin d'être la rûche; les locaux développent le tourisme rural, formés par des Suisses pour répartir les profits au plus près des résidents. Le confort y est bon, c'est propre, avec des airs locaux, la nourriture est incluse. La maîtresse de maison fait tout, en bonne musulmane dévouée....et j'ai toujours trouvé mon compte et les personnes que j'ai rencontrées aussi.
Les gens sont des résidents à l'année; parfois aussi, exode rural oblige, les propriétaires sont à Bishkek,  quelqu'un fait "tourner" leur boutique....à la ca pagne, emplois locaux. Sinon il n'y a pas grand chose à faire hormis les foins, les confitures, le miel, prendre soin des animaux et entretenir les bâtiments faits de "briques" d'adobe, de gros galets et recouverts de torchis et peints. 

Au cours de mes ballades j'ai dû être mordue par quelque serpent, inoffensif pour cette fois, mais dont le produit a été particulièrement irritant durant la nuit et pendant plusieurs jours. Je suis tombée sur des "cailloux", ça m'a fait bien mal sur le moment, très localisé, mais j'ai trouvé 4 petits trous symétriques qui m'ont donné à penser au serpent...j'ai attendu de mourrir, d'enfler, mais rien n'est venu...En revanche, ma conviction s'est faite plus tard avec l'irritation violente comme une brûlure. De plus, plantes ou fourmis m'ont dévoré le haut du dos durant une petite sieste au soleil...une bonne surface à piquer! Par contre, rien à voir avec les démangeaisons de la cheville!
Avec le temps, tout est rentré dans l'ordre et dans tous les cas ce n'était pas invalidant sauf la nuit pour le sommeil.

20.07 Kyzyl Oy à Koshkor Changement de décors. Je pars de bonne heure, à pieds. Objectif marcher jusqu'à midi et faire du stop pour atteindre Chayek et ensuite taxi partagé pour atteindre Koshkor. Tout se passe comme prévu. Arrivée à Chayek, je trouve le taxi pour Koshkor, lui laisse mon petit sac à dos et il me prendra en passant. Je marche devant, le temps pour lui de remplir la voiture. Et encore 3 h de marche. Jolie semaine sportive! 
À Koshkor, je retrouve mon baton de randonnée oublié dans un taxi! Super, ça aide à monter... Je retrouve la guesthouse du départ et le gars est incertain sur tout soudainement: les prix pour aller à Kazarman, il doit consulter untel ou unautre. 
Je décide de me faire une opinion demain matin de bonne heure avec la "placeuse". Le dîner, toujours lent à arriver, 21h30 m'ennuie car je ne déjeune pas le midi, le petit dej. est très loin et j'ai pas mal marché. À 19h, la grand mère, plus jeune que moi, m'a demandé si j'étais prête pour dîner....2h30 d'attente! Pour un dîner en partie cramé.
Entre ces petites contrariétés et les démangeaisons de la cheville, la nuit est longue. Je me lève tôt le matin pour aller voir les taxis et me faire une idée de la prochaine destination, quand et comment. Tout s'arrange bien, je peux être le soir à Kazarman
J'ai acheté quelques ouvrages en feutre mais la Poste de Koshkor ne fait pas d'envoi à l'étranger; je me retrouve avec le paquet sur les bras jusqu'à mon arrivée sur Osh!
Je retourne à la guesthouse, je prends congé et mes bagages pour un départ immédiat.
Ce sera une journée complète en voiture: 8 h de piste dans des paysages superbes. Je suis fatiguée, mais le chauffeur aussi. Il me laisse à la guesthouse demandée et il me reste un petit pb: je n'ai pas de cash pour payer la guesthouse. Les distributeurs pour Mastercard sont rares et étaient HS à Koshkor et Naryn. J'ai qq dollars. On va voir si je peux les changer.

22.07 Kazarman: un joli petit trou. Un mariage en limousine Mercedes et des obsèques . 
Témoin de loin car le cimetière offrait de belles vues sur l'oasis qu'est Kazarman. J'ai quitté le cimetière et le convoi arrivait avec les hommes debout dans la partie arrière d'un camion. Probablement des funérailles musulmanes.
Pour le marriage, j'ai aperçu les préparatifs de la limo., impressionnant! Mais pas les mariés! Une autre fois peut être? 
Ici aussi j'ai fait le tour élargi de l'oasis avec la rivière Naryn qui passe un peu au large. En amont de Kazarman, le pont a cédé, obligeant à un long détour mais très gratifiant en paysages. Une route est dans les cartons pour relier Kazarman à Osh, le pont est fait. C'est un bon début....
C'est une petite ville de 16 000hts. Il y a peu de choses à voir. C'est rural, tranquille et plaisant. Les petits commerces sont rares, peu de choses à acheter, peu de distractions hormis la pêche et les foins...du moins en ce moment, et les promenades.

23.07.  Camionnette pour atteindre Jalal Abad et taxi collectif pour atteindre Osh.  Encore de superbes paysages dans le premier tronçon du parcours. Cols et routes en terre toujours...la journée avec deux cyclistes français dont l'un est ennuyé par une tourista tenace. Ils ne sont épais ni l'un ni l'autre...ils me dépannent en monnaie locale car depuis Koshkor je n'ai plus trouvé d'ATM  pour Mastercard et personne pour changer des dollars.
L'hostel-guesthouse est super. Osh est la 2 eme ville du Kyrgyzstan et on redevient citadin ici....
Je dois planifier un peu les jours qui viennent.

24.07  la frontière avec le Tajikistan est à 215 km, en traversant les Pamirs. Je décide d'y aller et revenir car mon visa pour cette région ne commence que le 1 Aout. Je ne peux pas traverser là maintenant mais je peux faire de la rando à Sary Moghol Les français vont essayer de récupérer des forces et moi je vais partir en mashrutka. Mais finalement, il faut 5 h pour atteindre la destination...il est tard lorsque nous arrivons à destination et pour une fois je vais m'en remettre au CBT pour l'hébergement. Et j'ai la chance d'avoir une yourte pour moi!
J'ai trouvé 1 couple d'allemands de mon âge, qui voyagent depuis 20 ans ! Ils sont très sympas et ont la forme et la pêche. Ils voyagent en individuels aussi et viennent d'arriver au Kyrgyzstan. Nous passons de bons moments, mais ils ne marchent pas. Du fait que j'aie passé 2j consécutifs en transport j'ai envie de me dégourdir. Mais l'altitude freine quelque peu mon rythme! Pas très haut, mais plus de 3300 quand même. Heureusement j'ai le bâton. La steppe avant les rochers est vide: un berger à cheval une fois, 2 voitures qui vont au camp de base avec des alpinistes, dont 3 polonais y compris une femmes aux ongles vernis... très chic; ils ont passé la nuit à la guesthouse dans leur tente. Des pros semble-t-il...je leur laisse et je les admire. Comme ceux qui traversent les cols où je suis passée et où je vais passer, mais en voiture et eux à vélo...des jeunes allemands, UK, néerlandais, c'est le plus gros contingent. Et qq français.
C'est la première fois que je vois des alpinistes à pied d'oeuvre si on peut dire. Et ça me laisse perplexe. A la fois admirative et apprehensive. C'est loin, très loin de mes rêves ou capacités. Je leur tire néanmoins ma révérence mais sans envie de ma part de les accompagner pour un petit bout de chemin...
Je reste deux nuits là à profiter des températures tempérées. Osh est une fournaise et je vais bien devoir la traverser jusqu'à Dushambé....700 km avec plusieurs haltes toutefois. Il faut que je m'y prépare!

26.07 retour sur Osh, rapide car j'ai pris le taxi collectif qui s'est présenté et qui, une fois plein, ne s'arrête plus jusqu'à la destination. J'étais à midi à Osh. J'ai pu aller déjeuner car j'étais à jeun depuis la veille. Pas trop bon pour moi. Les imprévus me creusent beaucoup et il y en a tout le temps.
J'ai pu faire lessive, toilette à fond, poste office, et menus achats dans l'après midi avec deux jeunes guides qui se sont offertes pour m'accompagner dans le bazaar. Bonne improvisation, ainsi, j'ai goûté les glaces Kyrgyz, le shoro ( boisson fermentée à base de céréales et yogurt) et les salades de choux.
La guesthouse est pluri fonctionnelle: elle abrite les campeurs, cyclistes, motocyclistes, les voyageurs en camping car et les piétons comme moi. Chacun y trouve son compte et c'est parfait pour rencontrer d'autres enthousiastes des sports outdoor. Le petit dej. y était aussi très varié et copieux à volonté. 
Demain je pars sur Batken pour passer la frontière le 27. Le trajet passe le long de la frontière, (quelques km parallèle) avec l'Uzbéquistan, tensions oblige. Depuis la route, on peut voir la vallée de Fergana que j'ai déjà traversée il y a quelques années: une longue langue verte entre des collines grillées par le soleil. La route sue laquelle je me trouve domine la vallée et je suis sur le grille pain....
J'ai, comme les autres fois, mais sans accident cette fois ci, bien apprécié mon séjour: retrouver des gens " normaux" ou plus proches de nos usages m'a fait du bien. Un artisanat simple basé sur de la broderie qui est joyeux et coloré, des femmes "bijoutées" et élégantes dans leur genre. 
Des maisons ou yourtes propres: il faut dire que la cuisine s'effectue toujours dans un lieu distinct des endroits de vie, donc pas d'odeur tenace, et toujours pieds nus à l'intérieur qui est revêtu de tapis ou moquette, coussins et couvertures matelassées. 
Je n'ai pas eu l'occasion cette fois ci de voir des exhibitions à cheval ou de chasse au faucon: toujours arrivée trop tard ou trop tôt. Peut être au Tajikistan, la période s'y prête.

Au total 2200 km en voiture ou bus et 180 km en 18 jours.